Près de 400 millions de dollars de nouveaux investissements sont désormais annoncés dans le secteur minier pour 2026, alors qu’aucun nouvel investissement n’était recensé au début de l’année, selon le ministère des Mines. Cette évolution ouvre des perspectives pour l’emploi et les activités économiques. Au total, 36 300 emplois directs et indirects devraient être générés par ces projets. L’enjeu reste de traduire ces annonces en retombées concrètes pour les populations.
Sur les emplois attendus, 6 300 postes directs et 30 000 postes indirects sont prévus. Ces opportunités pourraient bénéficier aux travailleurs des sites miniers, mais également aux transporteurs, aux fournisseurs et aux prestataires de services qui gravitent autour des activités d’exploitation. Pour les communautés vivant à proximité des zones minières, le développement de ces activités peut favoriser les revenus des ménages et soutenir le commerce local.
Petites mines
Le ministère annonce également plus de 80 millions de dollars consacrés à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) durant l’année 2026. Cette enveloppe doit accompagner les actions sociales liées aux projets miniers. Par ailleurs, au moins 800 000 personnes vivraient de l’exploitation minière à petite échelle. Ce secteur représente ainsi une source de revenus importante pour de nombreuses familles, au-delà des grandes entreprises extractives.
La contribution des petites mines apparaît également dans les échanges commerciaux. Selon le rapport 2023 de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), publié en décembre 2025, les exportations légales des petites mines ont atteint 1 170 milliards d’ariary en 2023, notamment grâce à l’or artisanal. La formalisation des exploitants progresse également. Ils étaient 9 603 en 2024, contre 3 614 en 2025, selon les données partielles disponibles.
Toutefois, l’augmentation des investissements ne garantit pas automatiquement une meilleure redistribution des richesses. La transformation locale constitue un autre enjeu économique. Selon l’Institut géologique américain (USGS), Madagascar représentait en 2024 environ 24 % de la production mondiale de mica et 5 % de celle de graphite. Pourtant, plus de 95 % des exportations malgaches de mica brut étaient destinées à la Chine en 2023.
Le développement des unités de transformation permettrait de créer davantage d’emplois qualifiés, de soutenir les entreprises locales et de retenir une part plus importante de la valeur produite dans le pays. L’objectif est de faire des ressources minières un levier de revenus et de développement pour la population.
Lucia Rabarijaona