Madagascar entend mieux valoriser ses ressources halieutiques et renforcer les retombées économiques de l’accord de pêche avec l’Union européenne.
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| La renégociation de l’accord de pêche entre Madagascar et l’Union européenne soulève des enjeux. |
Le renouvellement de l’accord de pêche entre Madagascar et l’Union européenne représente un enjeu économique pour le pays. À l’approche de son expiration, prévue le 30 juin 2027, les prochaines négociations devront déterminer les conditions d’accès aux ressources halieutiques malgaches et les retombées pour les activités nationales. L’objectif est de mieux valoriser les ressources marines tout en soutenant les emplois et les revenus des communautés côtières.
Repris en juillet 2023 après plusieurs années d’interruption, l’accord autorise soixante-cinq navires européens à exploiter les ressources de la zone économique exclusive malgache. Le protocole prévoit un tonnage de référence de 14 000 tonnes par an. En contrepartie, l’Union européenne verse une contribution annuelle de 1,8 million d’euros, dont 700 000 euros au titre des droits d’accès et 1,1 million d’euros destinés au soutien de la politique nationale de pêche durable.
Cependant, les possibilités de pêche prévues ne sont pas entièrement utilisées. Dans son évaluation publiée le 10 septembre 2026, la Commission européenne indique que leur taux moyen d’utilisation s’est établi à 48 % en 2024 et 2025. Cette sous-utilisation constitue un point à examiner lors des prochaines discussions.
Activité importante
L’accord soutient également des emplois. Selon la Commission européenne, il a contribué en moyenne à quatre-vingt-neuf emplois équivalents temps plein par an à bord des navires européens en 2024 et 2025. Parmi eux, quatorze étaient occupés par des ressortissants malgaches, trente-cinq par des ressortissants de l’Union européenne et quarante par des personnes d’autres nationalités. Les activités connexes, notamment la commercialisation et la transformation des captures, représentent environ trois cent soixante-quinze emplois équivalents temps plein. À Antsiranana, les femmes occupent 54 % des emplois dans les conserveries de thon.
Au-delà de cet accord, la pêche artisanale constitue une activité importante pour l’économie nationale. Selon la FAO, environ 242 000 personnes étaient directement impliquées dans cette activité en 2022, réparties dans près de 2 500 villages de pêcheurs. La production déclarée atteignait environ 90 000 tonnes.
Les femmes jouent un rôle important dans cette filière. Elles représentaient 57 % des personnes engagées dans les activités après capture, notamment la transformation et la commercialisation, ainsi que 21 % des personnes impliquées dans les activités de pêche. Ces activités contribuent à l’approvisionnement alimentaire, aux revenus des ménages et à l’emploi dans les zones côtières.
Dans son évaluation de septembre 2026, la Commission européenne recommande l’ouverture de négociations en vue d’un nouvel accord. Les discussions devront notamment porter sur les conditions sociales des marins embarqués, le soutien aux communautés côtières et le renforcement des moyens de contrôle.
Pour Madagascar, l’enjeu consiste à mieux valoriser ses ressources halieutiques et à renforcer les retombées économiques pour les acteurs nationaux. Les futures négociations devront définir les contributions financières et les modalités de soutien au secteur.
À l’approche de juin 2027, le renouvellement de l’accord constitue ainsi une occasion de mieux articuler l’exploitation des ressources marines, la création d’emplois et le développement des activités de pêche locales.
Lucia Rabarijaona
