PLAN NATIONAL DU CACAO - Les producteurs régionaux émettent leur avis

La filière cacao se projette sur les dix prochaines années. Une série de consultations régionales auprès des coopératives et organisations de producteurs s’est tenue dans les différentes zones productrices.

Les acteurs locaux de la filière cacao d’Ambilobe ont mis sur la table leurs difficultés.

La première phase de cette démarche a permis d’aller à la rencontre de l’ensemble des principaux acteurs de la filière dans les différentes zones productrices de cacao, notamment à Antsiranana, Ambilobe, Ambanja et dans la région SAVA, mais également auprès des producteurs et opérateurs du Sud-Est. La décentralisation des discussions dans ces zones clés est essentielle pour l’avenir de la filière cacaoyère.

Lors de la consultation, les acteurs locaux ont mis sur la table les difficultés rencontrées sur le terrain, de la production à la commercialisation, ainsi que leurs propositions pour renforcer durablement le secteur.

Cette consultation répond à un impératif : adapter le cadre stratégique de la filière aux profondes mutations qui affectent aujourd’hui la production et le commerce du cacao. L’objectif est notamment de préserver la réputation du cacao malgache, reconnu pour sa qualité sur les marchés internationaux.

Parmi les principaux défis identifiés figurent le changement climatique, la déforestation, le durcissement des exigences des marchés d’exportation, mais aussi la forte dépendance de la filière à l’évolution des prix mondiaux du cacao, ce qui place le cacao malgache dans une nouvelle zone de turbulences. De plus, la culture du cacao tend à s’étendre à de nouvelles zones de production et ne se limite désormais plus au seul district d’Ambanja…

Le bilan d’abord

« Ces évolutions exigent davantage de compétences et de maîtrise de la filière. C’est précisément pour cette raison qu’il est nécessaire de mettre à jour le Plan national cacao», explique Haingo Razafimbelo, consultant au sein du cabinet Ladvisory, mandaté par le Conseil national du cacao (CNC) pour piloter l’élaboration du nouveau plan, appelé à définir les orientations stratégiques de la filière pour les dix prochaines années.

Avant d’engager l’élaboration du nouveau plan, les acteurs ont procédé à un bilan des réalisations du précédent Plan national cacao 2017-2026. Cette étape doit permettre d’identifier les acquis, mais également les insuffisances et les difficultés persistantes.

Les différentes problématiques ont ensuite été examinées à travers des travaux de groupe, afin de faire émerger les contraintes spécifiques auxquelles la filière est confrontée dans chaque territoire.

À Ambilobe, par exemple, la déforestation figure parmi les préoccupations majeures. Or, pour une filière largement tournée vers l’exportation, cette question dépasse désormais largement le cadre environnemental. L’enjeu est particulièrement sensible pour l’accès aux marchés européens, où les exigences environnementales se renforcent en matière de traçabilité et d’origine des produits.

« Un cacao associé à la déforestation risque ainsi de rencontrer des difficultés d’accès à certains débouchés», a-t-il été souligné lors des consultations.

L’atelier organisé à Ambanja, entamé hier, réunit à son tour les différents représentants des acteurs des régions DIANA et SAVA. Les échanges portent sur les problèmes identifiés sur le terrain et, surtout, sur les solutions à mettre en œuvre au cours des dix prochaines années.

L’objectif est de faire émerger les axes stratégiques prioritaires qui devront guider les interventions de la filière au cours des dix prochaines années, jusqu’en 2035.

Cette démarche marque également une évolution dans l’accompagnement institutionnel de la filière. Le projet Pôles intégrés de croissance a apporté un appui important aux différentes initiatives. Désormais, le CNC dispose de son indépendance dans les décisions relatives à l’orientation et au développement de la filière.

Le futur Plan national cacao 2026-2035 devra ainsi traduire les réalités du terrain en orientations concrètes, capables de répondre simultanément aux exigences économiques, environnementales et commerciales qui conditionnent désormais l’avenir du cacao malgache.

Le temps n’est plus à l’attentisme.

Raheriniaina

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