Les employés de La Gastronomie Pizza, blessés lors des événements de Namontana, et leur entreprise ont déposé plainte auprès de la justice. Leur avocate, Me Raveloarinivo Sylviane, demande que les circonstances des tirs et les responsabilités éventuelles soient établies.
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| Le quartier de Namontana a été secoué par des tirs de la police. |
Sortis de leur silence, les employés blessés lors de la fusillade de Namontana et l’entreprise La Gastronomie Pizza ont saisi la justice. Leur avocate, Me Raveloarinivo Sylviane, a détaillé hier les motifs de cette démarche. « Il est difficile de dire qui est visé par la plainte, mais l’enquête permettra de déterminer qui a dépassé les limites et qui a procédé à des tirs injustifiés », a-t-elle déclaré. L’affaire fait déjà l’objet d’une enquête conjointe de la police et de la gendarmerie.
La plainte de l’entreprise porte également sur une intervention de policiers dans les locaux de Gastro Soanierana, au cours de laquelle deux employés, déjà sortis de l’hôpital, auraient été recherchés.
Les faits remontent à la nuit de jeudi. Un groupe d’employés a été pris dans une fusillade à Namontana, qui a fait des morts et des blessés. Les victimes étaient restées silencieuses jusque-là, la priorité ayant été donnée à la prise en charge des personnes touchées. L’une d’elles doit être opérée, une balle étant restée logée dans son bras.
Selon l’avocate, la plupart des employés résident et dorment sur leur lieu de travail, à Gastro Soanierana, mais ils accompagnent habituellement leur responsable, qui loue une maison à proximité. C’est en le raccompagnant qu’ils auraient croisé des policiers en civil. Les circonstances exactes de la fusillade restent toutefois à établir. « S’il y avait eu un dialogue préalable et une fouille, il n’y aurait pas eu d’échange de tirs », a affirmé l’avocate, qui estime que les circonstances de l’intervention doivent être éclaircies. Elle a ajouté que ses clients attendaient « sereinement » la suite, en faisant confiance à la justice et aux forces de l’ordre : « Nous souhaitons que la vérité éclate. »
Deux enquêtes ouvertes
Avant-hier, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Antananarivo s’est rendu sur les lieux avec des responsables de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. Il a précisé que deux enquêtes étaient ouvertes. La première porte sur une plainte pour vol : la police aurait été alertée par un appel signalant des malfaiteurs, ce qui l’aurait conduite à Namontana. La seconde vise à établir les circonstances de l’intervention et à déterminer si d’éventuels manquements ont été commis dans l’exercice des fonctions des forces de l’ordre.
Nantenaina Njanahary
