ONTM - Quiproquo autour d’une nomination

Une crise de gouvernance secoue l’ONTM. L’annonce officielle, dans l’après-midi du 26 octobre, de la nomination de Jean-Marc Razakazafy au poste de directeur exécutif (DE) par intérim a immédiatement suscité une réaction du ministère du Tourisme et de l’Artisanat.

Des responsables du ministère du Tourisme et de l’Artisanat se sont exprimés  sur la nomination du directeur par intérim de l’ONTM, hier.

Cette confrontation entre l’organisme réunissant les acteurs publics et privés du secteur et son ministère de tutelle met en lumière des divergences sur la régularité des procédures et la gouvernance de l’Office. 

À l’origine de la polémique, la publication par l’ONTM (Office national du tourisme de Madagascar) d’un communiqué annonçant la destitution de l’ancien directeur exécutif et la nomination de son successeur par intérim à l’issue d’une réunion du conseil d’administration (CA). Une décision rejetée par le ministère de tutelle. 

Le différend porte sur le respect des règles statutaires. Si les statuts de l’association restent muets sur la procédure de nomination, le règlement intérieur stipulerait explicitement que la révocation et la désignation d’un directeur exécutif requièrent une majorité qualifiée des deux tiers du conseil d’administration, selon le ministère du Tourisme. 

Le CA comptant 16 membres, cette majorité correspond à au moins 11 voix. Or, selon Noro Ralaivelo, directeur de cabinet du ministère, cette exigence n’aurait pas été respectée. 

« Seuls 7 administrateurs étaient présents lors du vote », a-t-il indiqué hier, lors d’une conférence de presse consacrée à cette polémique. L’ONTM n’aurait pas non plus consulté sa tutelle avant la publication de la nouvelle nomination. 

Réserves

Interrogé sur ces éléments, l’Office n’a pas souhaité répondre. Le directeur de cabinet a également mis en cause la proximité du nouveau directeur exécutif par intérim avec l’ancien régime. « Il est trop proche de l’ancien régime. S’il songe encore à y revenir, c’est pour remettre en place cette ancienne gestion, guidée non par le bien commun, mais par son seul intérêt », a déclaré Noro Ralaivelo. Le ministère rappelle par ailleurs que la ministre de l’Artisanat avait formellement émis des réserves sur cette candidature, plaidant pour une démarche responsable, conforme aux exigences de bonne gouvernance et aux principes de la politique de Refondation. Le personnel de l’ONTM aurait également adressé une pétition au président du conseil d’administration (PCA) pour contester la destitution de l’ancien directeur exécutif. 

L’association ONTM est reconnue d’utilité publique. Conçue comme une plateforme de dialogue et d’action commune entre l’État et le secteur privé, elle a pour mission prioritaire de promouvoir la destination Madagascar et de renforcer son image à l’international. Statutairement apolitique et indépendante, l’ONTM rassemble 16 administrateurs représentant les différentes composantes de l’écosystème touristique : l’État, représenté par le secrétaire général du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, les compagnies aériennes, les parcs, les agences de voyages, les tour-opérateurs, l’hôtellerie-restauration, les loueurs de voitures, les écoles spécialisées ainsi que huit représentants des offices régionaux du tourisme (ORT). Élus par leurs pairs pour un mandat de deux ans, renouvelable une fois, les administrateurs désignent ensuite le PCA en leur sein. 

Dans le communiqué annonçant la nomination du directeur exécutif par intérim, lundi, la direction de l’ONTM a affirmé que cet ajustement institutionnel n’altérerait en rien la continuité des actions en cours ni les engagements pris auprès des partenaires. L’Office a également réaffirmé sa volonté de travailler de concert avec l’ensemble des acteurs. La crédibilité de l’institution suscite des interrogations chez les professionnels du secteur. « Pour l’instant, il n’y a pas d’impact, mais nul ne sait ce que sera demain », confient des opérateurs. 

Au sein des offices régionaux, l’incertitude porte notamment sur la conduite du programme d’actions annuel déjà validé. Alors que les discussions se poursuivent en coulisses entre les deux parties, le secteur attend un dénouement rapide afin de préserver la crédibilité de l’institution et l’image de la destination Madagascar. 

Miangaly Ralitera 

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