Tempête dans un verre d’eau. Qu’est-ce qui se passe à l’Office National du Tourisme de Madagascar pour qu’il se trouve tout d’un coup à la une des actualités. Pendant des années, c’est une institution qui n’a jamais fait de vague étant donné que les nominations du PCA et des membres du CA relèvent de sa cuisine interne. C’est son statut qui le protège de l’ingérence de l’administration publique bien que naturellement, il est proche du ministère du Tourisme.
La nomination d’un nouveau directeur exécutif semble être l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Réputé être très proche de l’ancien régime, il s’est fait élire au poste de directeur exécutif malgré les consignes du ministère du Tourisme. Est-ce un péché impardonnable ? Il n’est pas le seul dans ce cas à ce que l’on sache. Des cadres des régimes successifs se sont vus relancer leur carrière grâce à des nominations providentielles malgré leur passage assez marqué dans une république ou une autre.
Mais il y a peut-être autre chose derrière cette réticence. Le directeur exécutif a les prérogatives de signature des initiatives de l’ONTM. Il détient en quelque sorte les clés de la bourse. Plus que le profil de l’individu, ce serait donc le poste qui a de l’importance. L’ancien directeur exécutif justement a été réputé pour être aussi droit qu’un madrier dans l’application des règles et des dispositions du statut. Son licenciement a été contesté par une grande partie du personnel interloquée par une situation inédite dans les annales de l’ONTM. Les employés craignent surtout pour l’avenir de l’Office qui détient un rôle crucial dans le développement du tourisme.
Qu’on le veuille ou non, la situation expose l’ONTM à une image qui ne lui a jamais été familière. Entre le ministère et lui, il y a toujours eu une ligne de démarcation imaginaire. Les deux cohabitent mais chacun dans sa chambre. L’ONTM s’occupe surtout du secteur privé alors que le ministère conçoit et applique la politique de développement du tourisme du gouvernement.
Cet incident dans la gestion de la nomination du directeur exécutif enfreint le «gentleman agreement» entre les deux institutions.
Comment l’affaire sera réglée ? À dire vrai, l’action du ministère est assimilée par les membres de l’ONTM à une ingérence du gouvernement dans une structure privée gérée par un statut officiel.
L’ONTM va-t-il abdiquer quitte à abandonner le bras de fer ? L’État va-t-il persister dans sa démarche pour imposer le profil qu’il a choisi. Dans les deux cas, le tourisme ne gagne rien. On perd ainsi du temps à palabrer sur des choses qui ne doivent pas faire l’objet de ce genre d’histoire au lieu d’échafauder un plan cohérent de développement du tourisme. Il y a certainement mieux à faire voire beaucoup à faire que d’occuper les colonnes des journaux pour une nomination controversée mais bien définie par les termes du statut.
On peut très bien extrapoler cette affaire avec la CENI controversée . Certes cette entité est régie par la loi et a été créée sous l'impulsion des bailleurs de fonds . Le contexte actuel a changé la donne parce qu'il y a eu un changement de régime de fait et les aspirations populaires sont claires sur la gestion des affaires de l'état . Autrement plus de place pour les FORONGONY et à ce qu'on le sache cette personne qu'on veut installer avec le forcing est bien dans la définition de cette étiquette . Il suffit de scruter son cursus et les affinités déplorables avec un ancien président qui n'a toujours pas brillé par la bonne gouvernance et était maître du népotisme .
RépondreSupprimerIl n'y a pas de sentiment ou de parti pris à faire car l'alternance obéit à des règles dans toute démocratie surtout pour la nomination de hauts fonctionnaires . Sinon on ne verra jamais par exemple un président du conseil constitutionnel en France a été un socialiste et sa nomination a été assumée par un président socialiste . On peut aussi citer le cas du DG de la SNCF .Ce pays doit apprendre à respecter les fondements d'une république