En annonçant son retrait du rallye, Mathieu Andrianjafy entend tirer la sonnette d’alarme sur l’organisation des épreuves à Madagascar.
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| Les passionnés de rallye et les supporters de Mathieu Andrianjafy restent dans l’attente de sa décision pour la dernière manche. |
Le vase a débordé», affirme Mathieu Andrianjafy. L’annonce de sa décision de mettre en vente sa Subaru Impreza N11 et de quitter le rallye a largement circulé sur les réseaux sociaux. Le pilote le plus titré du pays, surnommé « l’Enfant terrible », explique avoir voulu alerter sur les conditions d’organisation des épreuves à Madagascar.
« Le rallye tel qu’il est organisé actuellement ne m’intéresse plus. Je suis démotivé, et c’est la raison de ce coup de gueule. Je n’y prends plus de plaisir. Je préfère participer à des rallyes à l’étranger, une ou deux épreuves à La Réunion ou en Afrique. Je n’ai pas encore de projet précis, mais c’est mieux ailleurs » , confie-t-il.
Ce coup de gueule débouchera-t-il sur des changements dans l’organisation des manches du championnat de Madagascar ? « Je ne suis que le porte-parole des autres pilotes. Nous voulons retrouver les rallyes d’autrefois. Nous investissons beaucoup et nous voulons disputer de vraies épreuves, dignes d’un sport mécanique. Ces dernières années, on nous propose les mêmes spéciales, du côté d’Anjeva. Nous parcourons une spéciale de 10 ou 20 km, puis nous passons une heure au parc d’assistance. Et cela se répète pendant trois jours », déplore-t-il.
Son retrait n’est toutefois pas définitif : le pilote laisse la porte ouverte à une participation, sous conditions.
Une participation en suspens
Interrogé sur un éventuel lien entre sa décision et le bouleversement du classement avant la dernière manche, Mathieu Andrianjafy rappelle que la course au titre reste ouverte.
« La voiture est toujours là, prête pour le prochain rallye. Et j’ai déjà remporté des titres. Je dois d’abord discuter de la situation avec mes sponsors.
Justement, l’un d’eux, Jovena, sera l’organisateur de la prochaine et dernière manche. Nous voulons des nouveautés, des spéciales différentes et plus variées, ainsi qu’un rallye plus long. Pour le précédent, 126 km avaient été annoncés, mais la distance a finalement été réduite à 80 km », souligne-t-il.
Pour lui, les épreuves doivent permettre aux pilotes de progresser.
« Nous ne progresserons pas à ce rythme, avec les mêmes spéciales et des rallyes aussi courts », insiste-t-il. Il estime que la fédération et les organisateurs ne doivent pas se contenter de programmer des épreuves pour remplir le calendrier.
« Il faut investir pour proposer un vrai rallye, car nous aussi, nous investissons beaucoup. Il nous faut 20 millions d’ariary par épreuve pour viser la première place », révèle le sextuple champion de Madagascar.
À la suite de cette prise de position, une rencontre entre les dirigeants de la Fédération du sport automobile et les pilotes est en préparation. Elle est prévue vendredi.
La mise en vente de sa voiture a également suscité de nombreuses réactions.
« Beaucoup de gens ont réagi et m’ont contacté. Ceux qui ne connaissent pas le milieu du rallye sont souvent surpris par sa valeur réelle. Je les comprends, car ils ne savent pas combien j’ai investi dans cette voiture », explique-t-il.
La cinquième et dernière manche du championnat se disputera les 14 et 15 novembre. Au classement provisoire, Frédéric Rabekoto, sur Mitsubishi Yas, occupe la tête avec 127 points, devant Olivier Ramiandrisoa, au volant d’une Mitsubishi Evo X Motul, qui en compte 115. Mathieu Andrianjafy suit avec 105,5 points.
Serge Rasanda
