BUDGET 2027 - L’énergie, l’agriculture et l’éducation parmi les priorités

L’électricité, l’eau, les routes, la santé, l’éducation et le développement agricole figurent parmi les priorités du budget 2027, dont les arbitrages sont en cours de finalisation. Mais au-delà des annonces, le gouvernement devra démontrer sa capacité à transformer les crédits publics en réalisations concrètes.

Le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison évoque les priorités du budget de l’État pour 2027.

Les difficultés persistantes de la Jirama et les insuffisances de l’accompagnement des agriculteurs illustrent les défis à relever. 

Le Premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, a indiqué, hier, que les évaluations du budget 2027 étaient presque achevées, avant la transmission du projet de loi de finances à l’Assemblée nationale. La résolution des problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité figure parmi les priorités, aux côtés de la poursuite des travaux routiers et de l’amélioration de la prise en charge sanitaire. Interrogé sur les coupures d’électricité qui persistent malgré les efforts engagés pour redresser la situation de la Jirama, le chef du gouvernement a évoqué des actes de sabotage intentionnels présumés. 

Ces déclarations interviennent alors que les difficultés de l’entreprise publique continuent de peser sur les ménages et les activités économiques. Les soupçons avancés devront être étayés par les résultats des investigations. Le ministre de l’Économie et des Finances, Herinjatovo Aimé Ramiarison, a également souligné la place du secteur énergétique dans les prévisions budgétaires de 2027. Le développement régional devrait, par ailleurs, bénéficier de moyens supplémentaires afin de mieux répondre aux besoins des populations locales. La répartition des ressources devra toutefois s’accompagner d’une meilleure exécution des dépenses pour produire des résultats tangibles. 

L’agriculture, au-delà des semences 

Le développement local constitue également une préoccupation du député Rajerison Antoine. Il estime que le budget de l’État devrait soutenir davantage l’agriculture et l’éducation, tout en réduisant les dépenses consacrées aux institutions afin de dégager des marges pour les secteurs directement liés aux conditions de vie de la population. Dans l’agriculture, les efforts engagés restent insuffisants, selon un député membre de la commission de l’Agriculture et de l’Élevage à Tsimbazaza. Les mesures inscrites au budget 2026 comprenaient notamment la distribution de semences aux agriculteurs. 

Mais cette aide matérielle ne suffit pas à garantir une amélioration durable de la production. L’absence de techniciens agricoles pour accompagner les bénéficiaires constitue un obstacle. Sans conseils adaptés sur les pratiques culturales et la conduite des cultures, les semences distribuées risquent de ne pas produire les résultats attendus. 

Le développement agricole suppose ainsi une approche plus complète, associant les intrants, l’encadrement technique et le suivi des producteurs. Des améliorations sont annoncées dans le projet de budget 2027. Leur portée devra être appréciée à travers les moyens effectivement consacrés à l’accompagnement des agriculteurs et les dispositifs prévus pour renforcer la présence des techniciens sur le terrain. Des crédits aux réalisations Dans le secteur de l’éducation, les contraintes financières restent également importantes. Arsène Ratolojanahary, député membre de la commission de l’Éducation, souligne que plusieurs actions dépendent de financements extérieurs. 

Les ressources nationales ne suffisent pas toujours à couvrir les besoins en infrastructures scolaires et en recrutement d’enseignants. Ces difficultés posent la question des résultats du budget 2026. Les montants prévus pour les écoles, les routes, les centres de santé et les autres infrastructures essentielles doivent être rapprochés des dépenses réellement effectuées et des projets effectivement achevés. 

Les chantiers retardés, les équipements non livrés et les besoins en personnel non couverts doivent également être identifiés. Le faible taux d’exécution budgétaire constitue, à cet égard, un signal d’alerte. Au 7 octobre, le taux global atteignait 44,2 %, selon le ministère de l’Économie et des Finances. Le gouvernement avait alors fixé au 2 novembre l’objectif de 100 % des engagements budgétaires. Cet objectif concerne les engagements de dépenses et ne signifie pas que tous les projets seront achevés à cette date. Le budget 2027 devra donc répondre à un double impératif : financer les besoins essentiels et améliorer l’efficacité de la dépense publique. 

La priorité ne sera pas seulement d’augmenter les enveloppes budgétaires, mais aussi de veiller à ce que les crédits mobilisés se traduisent par des services plus accessibles, des infrastructures fonctionnelles et un accompagnement réel des populations. 

Lucia Rabarijaona

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