« Torohy », une plateforme numérique de dénonciation de la corruption et des abus dans le domaine fiscal, a été lancée officiellement, hier. Le chef de l’État met les responsables de la direction générale des impôts au défi d’aller au-delà de la forme et de sévir si les faits illicites sont avérés.
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| Le colonel Randrianirina durant son discours au Carlton Anosy, hier. |
Oseriez-vous sévir ? » Cette question a été lancée par le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, hier, au Carlton Anosy, durant la cérémonie de lancement de la plateforme numérique « Torohy ». Un dispositif mis à disposition du public pour la dénonciation des cas de corruption et délits assimilés dans le secteur des impôts.
La mise en place de la plateforme « Torohy » est à l’initiative de la direction générale des impôts. La question « oseriez-vous sévir?» est surtout un appel aux responsables du fisc d’agir et de sanctionner en cas de faits de corruption avérés. La plateforme numérique ne doit alors pas devenir un simple réceptacle de dénonciation. Sans ambages, l’officier supérieur a souligné qu’il s’agira pour les responsables de la direction générale des impôts et, dans une certaine mesure, le ministre de l’Économie et des Finances, le cas échéant, de livrer leurs collègues à la Justice et de prononcer des sanctions disciplinaires.
« J’ose affirmer en effet que 90 % des salariés de votre direction feront l’objet de plaintes sur cette plateforme », déclare le colonel Randrianirina. Au-delà de l’idée de faire preuve d’une volonté de probité, il s’agit surtout d’en assumer la responsabilité de manière impersonnelle et sans complaisance. Transcender le copinage et le corporatisme afin de transformer les signalements pour corruption en véritables investigations et, lorsque les faits le justifient, en poursuites contre les personnes mises en cause.
Le locataire d’Iavoloha a fait part de son souhait que le même dispositif soit mis en place auprès de la direction générale des douanes et de la direction générale du trésor public. Deux entités qui composent également le ministère de l’Économie et des Finances, au même titre que la direction générale des impôts. Cash, l’officier supérieur estime alors qu’avec cette plateforme numérique, « devra cesser la prise de pourcentage en échange du déblocage de fonds de marchés publics, de la perception d’impôts différents pour une même activité ou encore le favoritisme fiscal ».
Accepter le changement
À entendre le chef de l’État, l’enjeu dépasse la mise en place d’un outil de signalement. Il s’agit de démontrer la traduction en acte de la volonté de l’administration de lutter contre l’impunité. Il ne s’agit plus seulement d’encourager les citoyens à dénoncer, mais de demander aux autorités publiques de prendre leurs responsabilités face aux signalements reçus.
Une plateforme numérique de dénonciation dénommée I-Toroka est déjà à la disposition du public depuis 2019. Un dispositif sous la houlette du Bureau indépendant anti-corruption (Bianco). Toutefois, sa contribution à la lutte contre l’impunité reste à démontrer, particulièrement dans les secteurs sensibles, considérés comme les plus exposés à la corruption et aux malversations financières.
« La lutte contre la corruption doit être menée sans concession et sans favoritisme. Elle exige également de chacun d’entre nous un sens des responsabilités, du courage, de la droiture et un engagement collectif », soutient ainsi le colonel Randrianirina. En affirmant que ce fléau constitue l’une des principales causes de la paupérisation du pays, il érige l’objectif d’y mettre un terme comme l’un des socles de la Refondation.
Le locataire d’Iavoloha rappelle en effet que « si nous regardons en arrière, lors des événements de 2025, la bonne gouvernance est une des aspirations qui nous ont amenés à nous dresser et à lutter. Un État juste, transparent et responsable a été revendiqué. Ces aspirations sont au cœur de la Refondation. C’est la raison pour laquelle la lutte contre la corruption est un des socles de la politique générale de la Refondation ». Il demande alors aux agents de l’ensemble de l’administration publique d’adhérer à cette dynamique.
Le colonel Randrianirina reconnaît qu’en finir avec la corruption n’est pas chose simple. Il concède aussi que vouloir changer les choses et briser les mauvaises pratiques peut amener à faire face à des foyers de résistance. « Plusieurs sont ceux qui s’opposent au changement pour préserver leurs intérêts personnels. Nous devons accepter le changement», soutient-il.
Garry Fabrice Ranaivoson

Lutter contre la corruption !
RépondreSupprimerBravo, encore faut il ne pas faire partie du.... prochain! 🤔😥
Quelques uns se sont brûlés et ont fuits mais, là Moscou est un peu moins agréable que Genève, Dubaï et autres "prisons" 🤑🤑
Corruption, c'est aussi faire sans arrêts des voyages sur le dos du peuple malgache. Réglons les problèmes chez nous d'abord ... avant d'aller mendier ailleurs !!!
RépondreSupprimerParler de la sempiternelle corruption sur tous les temps et dans tous les sens peut être perçue comme un brevet pour obtenir le bon Dieu sans confession. Presque une forme de ravalement de façade.
RépondreSupprimerUne lutte contre ce fléau.pour être bien définie commence par bien nettoyer son propre entourage.