Le chef de l’État maintient le cap des élections en 2027. Sur la Radio des Nations Unies, en marge de sa participation à l’Assemblée générale de cette organisation, le colonel Randrianirina a réaffirmé sa volonté de respecter le chronogramme de la Refondation.
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| Le colonel Randrianirina à son retour de New York, le 25 septembre. |
Une gageure. Le challenge d’organiser des élections avant la fin de l’année 2027 pourrait en devenir une, au regard des différents paramètres. Dans une interview accordée à la radio des Nations Unies, en marge de sa participation à l’Assemblée générale de cette organisation, à New York, en septembre, le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, maintient toutefois le cap sur les échéances électorales de l’année prochaine.
« Je crois en notre calendrier. Je crois qu’on arrivera à organiser une élection en 2027 », affirme le locataire d’Iavoloha dans cette interview accessible sur le site web de l’ONU. Un entretien radiophonique qu’il a donné juste après avoir prononcé son discours à la tribune de cette organisation mondiale, le 24 septembre. La question à laquelle il a répondu porte justement sur le maintien du calendrier imparti, compte tenu de l’évolution de la conjoncture politique.
L’officier supérieur présente même le respect de ce calendrier comme un engagement personnel et politique, en déclarant : « C’est mon souhait le plus cher, parce que moi je suis un homme de parole. » Le chronogramme inscrit dans le Programme de la Refondation de la République prévoit de tenir un référendum ou une élection constitutionnelle entre mai et juillet 2027, et la présidentielle avant fin 2027.
Dans ses différents discours, le chef de l’État affirme quasi systématiquement son engagement à tenir des élections en 2027. Il l’a souligné dans son discours à la tribune des Nations Unies. Il l’a également assuré dans son allocution à l’Académie militaire (Acmil) d’Antsirabe, la semaine dernière, en soutenant qu’il s’agit d’une des deux « missions » principales du pouvoir.
Dans cet entretien radiophonique du 24 septembre, l’homme fort de l’État fait part des étapes politiques à franchir sur le chemin menant vers les élections. La première étape annoncée concerne la restitution des conclusions de la consultation politique sur les préparatifs électoraux qu’il a menée à Iavoloha, avant de s’envoler pour New York. Selon le colonel Randrianirina, ce premier rendez-vous devrait se tenir « dans le courant du mois de novembre ». Il ajoute que les recommandations issues des consultations politiques serviront de base à la deuxième étape du processus menant vers les élections.
Loi électorale
Il s’agit de la refonte du cadre légal des élections. « (…) après la restitution, il y aura une nouvelle loi, une sorte de loi électorale, parce que le dernier code électoral n’est plus crédible et fait débat aussi. Donc, on va se servir de ce qu’on a tiré de la consultation politique afin de mettre en place une loi pour organiser le référendum constitutionnel en 2027 », explique le locataire d’Iavoloha.
L’autre chantier qui pourrait constituer la troisième étape du processus concerne la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Sur ce point également, le chef de l’État fait part de l’existence d’un débat sur la crédibilité de l’organe électoral, aussi bien auprès des responsables politiques que d’une partie de l’opinion publique. Les remarques et recommandations faites par les participants à la consultation politique abondent effectivement sur la nécessité de réformer la Ceni.
Cette étape pourrait d’autant plus être une des conséquences immédiates de la refonte du cadre légal des élections. « On trouvera aussi un moyen, à partir des conclusions de la consultation politique, de la remodeler un peu », déclare alors le colonel Randrianirina. Néanmoins, à l’écouter, une réforme de l’organe électoral pourrait ne pas être un impératif. Dans ses propos, il laisse cette question ouverte. Soit le maintien de la Ceni actuelle avec des modifications, soit la mise en place d’une nouvelle configuration.
Le calendrier de la refonte électorale constitue un autre repère. Selon le chef de l’État, le processus engagé en juillet 2026 doit s’achever courant avril 2027. À partir de juillet 2027, la Ceni, dans sa forme actuelle ou réformée, devrait être prête à organiser une élection. Quoi qu’il en soit, il assure que la Ceni sera prête et sera « sur le pied de guerre pour l’organisation des élections à partir de juillet 2027 ». Il note en effet que la refonte de la liste électorale, menée par la Ceni, sous sa configuration actuelle, sera bouclée en avril 2027, « si tout se passe bien ».
Du reste, un point est à noter dans la réponse du colonel Randrianirina. Bien que le Programme de la Refondation prévoie deux échéances électorales en 2027, il n’a évoqué explicitement que le référendum constitutionnel dans son entretien radiophonique. Justement, outre les étapes dont il a fait part, le scrutin pour l’adoption d’une nouvelle Constitution, sauf changement, dépend d’un autre paramètre, à savoir l’issue de la concertation nationale. Ses résolutions devraient en effet servir de socle à la rédaction d’un projet de Constitution.
Pourtant, le chronogramme de la concertation nationale constitué par le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) détonne sensiblement avec celui du Programme de la Refondation. À l’heure actuelle, les Églises en sont encore à la formation des acteurs qui conduiront les débats au niveau des fokontany. Des sessions de formation qui vont courir jusqu’en novembre.
Garry Fabrice Ranaivoson
