Tout juste 25 ans, Kevin Mihangy Lahimasy, est un entrepreneur en bâtiments travaux publics. Il raconte son parcours et incite les jeunes à commencer avec ce qu’ils ont.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je suis Kevin Mihangy Lahimasy, 25 ans. Je suis né à Toliara et j’habite le quartier de Betania. J’ai fait des études à Antananarivo à l’ISCAM où j’ai étudié l’Audit et Finances. Ensuite, j’ai décroché des stages et de l’emploi dans une banque. Mais, à mesure que j’ai avancé, je me suis dit que je dois faire quelque chose pour moi et non plus travailler pour les autres.
Comment est arrivée la reconversion vers un entrepreneur en bâtiments ?
Je me suis dit que je n’atteindrais pas mes objectifs si je reste salarié. La reconversion est née dans les rencontres dans les cercles d’amis, les réseaux d’amis. Un jour, les discussions ont porté sur le secteur du bâtiment et je m’y suis intéressé. Après quelques jours de réflexion, je me suis lancé.
Mais vous n’avez pas fait des études sur la matière?
Oui, en effet. Mais on m’a conseillé de travailler avec des ingénieurs et des spécialistes. J’ai alors monté mon entreprise de construction avec un ingénieur, un comptable, deux chefs-maçons et moi-même qui fait des recherches actives de marché. Cela fait à peine deux ans, mais je peux dire que j’obtiens des marchés importants. J’ai ouvert une nouvelle autre société de location de voitures.
Avez-vous eu des fonds spécifiques pour démarrer et faire fonctionner vos entreprises ?
Je ne dirais pas que j’en ai pas eu mais je n’ai été financé par personne. J’ai démarré avec deux millions ariary. Au fur et à mesure du caractère de mes contrats, j’ai demandé des lignes de crédit auprès des banques. J’ai ensuite réinvesti dans des retapages et de l’achat de nouvelles voitures pour la société de location. Je suis entrain de monter une entreprise de services agricoles et d’achats de produits locaux.
Comment, pensez-vous que les jeunes de Toliara, peuvent réussir comme vous ?
Désolé de le dire mais les jeunes se comportent parfois comme des moutons. Ils attendent toujours que quelqu’un les dirige ou les conduit vers leur destination, leurs objectifs. Mais, ils ne doivent pas attendre qu’on leur donne tout avant de commencer un projet d’entrepreneuriat. Ils ne doivent attendre personne et ne compter que sur eux-mêmes.
Dans quel domaine inciteriez-vous les jeunes à s’y lancer afin de contribuer au développement de la région Atsimo Andrefana ?
Sans détour, je leur conseille l’agribusiness. Nous avons tout ici et le domaine de l’alimentation est toujours un secteur porteur. Optez pour les produits locaux! N’oubliez pas non plus de penser à la redevabilité sociale. Avec notre association « Anaky Toliara Miharo », nous essayons d’aider nos compatriotes à travers des dons pour l’hôpital et les écoles entre autres.
Mirana Ihariliva