INTOXICATION ALIMENTAIRE - Soixante-sept employés restent hospitalisés

Cent quatre-vingt-dix-sept cas suspects d’intoxication alimentaire ont été recensés chez Konecta Madagascar. Aucun décès n’a été signalé.

À l’entrée du service des urgences de l’HJRA.

Deux-cent soixante cas recensés, aucun décès signalé. Vendredi 9 octobre à 20 heures, 260 cas suspects d’intoxication alimentaire avaient été recensés parmi les employés de Konecta à Madagascar, selon le dernier bilan du ministère de la Santé publique. Parmi eux, 193 personnes étaient sorties de l’hôpital, tandis que 67 restaient hospitalisées. Selon le Dr Christian Rakotonindriana, médecin au HJRA, les soupçons portent notamment sur le poisson et sa sauce. L’enquête se poursuit pour déterminer l’origine de cet épisode. De son côté, Konecta a suspendu le prestataire de restauration commun à deux de ses sites et fermé les cantines.

Les arrivées de salariés malades se sont poursuivies vendredi matin à l’hôpital d’Ampefiloha. Certains ont été transportés en ambulance, tandis que d’autres ont été accompagnés par leurs proches en voiture particulière. Parmi les personnes prises en charge figuraient des employés venus travailler le matin, mais contraints de quitter leur poste après une dégradation soudaine de leur état de santé.

À l’extérieur de l’établissement, des familles attendaient des nouvelles de leurs proches. Certaines, ne pouvant accéder aux salles de soins, suivaient l’évolution de la situation depuis les abords de l’hôpital.

Parmi les personnes touchées figure Ando, 22 ans, qui a consulté un médecin dans un établissement privé après l’apparition des symptômes. Son état s’est amélioré, selon ses proches. Son retour à domicile était envisagé vendredi, sous réserve de l’autorisation du médecin.

Les soupçons se portent sur le poisson

Selon le Dr Rakotonindriana Christian, médecin au HJRA, à Ampefiloha, des aliments impropres à la consommation, avariés ou contaminés par des microbes pourraient être à l’origine des troubles. Les soupçons se portent notamment sur le poisson et la sauce qui accompagnait le plat. Une enquête est en cours pour déterminer les causes de l’intoxication présumée.

Le médecin explique également que les employés concernés n’ont pas tous pris leur repas au même moment. Cette différence dans les horaires de restauration pourrait expliquer l’arrivée progressive de nouveaux patients.

Dans une publication, Konecta indique que des cas suspects d’intoxication alimentaire sont survenus depuis jeudi soir sur deux de ses sites à Madagascar. La direction affirme avoir immédiatement activé son protocole d’urgence. Les personnes concernées ont d’abord été prises en charge par le centre médical sur site, avant d’être transportées vers les établissements hospitaliers les plus proches.

L’entreprise s’engage à couvrir l’intégralité des frais d’hospitalisation et de transport des personnes touchées. Elle indique également que le directeur pays s’est rendu à l’hôpital auprès des salariés concernés et que la direction suit leur situation.

L’automédication déconseillée

En parallèle, le prestataire de restauration commun aux deux sites a été suspendu et les cantines fermées. Konecta annonce aussi le nettoyage et la désinfection de ses locaux. Les autorités sanitaires ont été informées et une enquête interne est en cours, notamment à travers l’analyse des repas servis.

Le dernier bilan du ministère de la Santé publique, arrêté à 20 heures vendredi, fait état de 260 cas 

suspects, dont 193 personnes sorties de l’hôpital et 67 encore hospitalisées. Aucun décès n’a été signalé. À ce stade, les soupçons visant le poisson et sa sauce ne constituent pas une confirmation de l’origine de la contamination. Les résultats des analyses et des investigations sanitaires devront permettre d’établir les causes de cet épisode.

Face à ces troubles, les professionnels de santé mettent en garde contre l’automédication et les conseils non vérifiés diffusés sur les réseaux sociaux. Les médicaments ou remèdes recommandés par l’entourage ne sont pas nécessairement adaptés à l’état du malade et peuvent retarder une prise en charge appropriée.

« Ce n’est pas une solution de se faire soi-même médecin », souligne un praticien, qui insiste sur les risques liés aux traitements choisis sans avis médical.

Le Dr Domoina Rakotonoely, médecin exerçant dans le secteur privé, recommande aux personnes présentant des symptômes inquiétants de consulter rapidement un professionnel de santé, plutôt que d’attendre une aggravation de leur état ou de tenter de se soigner seules. Les diarrhées et les vomissements répétés peuvent notamment entraîner une déshydratation.

Les maladies d’origine alimentaire peuvent être provoquées par des bactéries, des virus, des parasites ou des toxines présents dans des aliments ou de l’eau contaminés. Les symptômes les plus fréquents sont les diarrhées, les nausées, les vomissements et les douleurs abdominales. Une fièvre peut également apparaître. Leur délai d’apparition varie selon l’agent responsable : certains troubles surviennent en quelques heures, tandis que d’autres infections peuvent se manifester après plusieurs jours. Le dernier repas consommé n’est donc pas nécessairement à l’origine des symptômes.

La prévention repose notamment sur le respect des règles d’hygiène, une cuisson suffisante des aliments, leur conservation à une température adaptée et la propreté des mains et des ustensiles.

Fanilo Mampianintsoa

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne