DÉVELOPPEMENT LOCAL - Le Sud se dote d’infrastructures indispensables

Routes bitumées, marchés construits, PME formées : le bilan de la première phase du PACFC est chiffré, mais ses retombées économiques concrètes restent à évaluer.

Les routes bitumées facilitent la circulation des personnes et des marchandises.

Les investissements réalisés dans le Sud de Madagascar entre 2019 et 2025 ont notamment porté sur les infrastructures routières, les marchés et les équipements agricoles. Achevée en 2025, la première phase du Programme d’appui à la compétitivité économique (PACFC) a permis de bitumer 210 kilomètres de routes et d’accompagner des petites et moyennes entreprises. Ces interventions visent à faciliter le transport des marchandises, à dynamiser les échanges commerciaux et à soutenir les activités agricoles.

Les travaux routiers ont concerné 165 kilomètres sur la RN9 et 45 kilomètres sur la RNT12A. Ils ont également inclus la construction de trois ponts sur la RN9 et de cinq autres sur la RNT12A. Selon le bilan du programme, 3,5 millions d’habitants, dont 41 % de femmes, bénéficient désormais d’une meilleure connexion aux marchés. La réduction des temps de trajet et la facilitation des déplacements des personnes et des marchandises figurent parmi les retombées annoncées.

L’amélioration de l’accès aux marchés constitue un enjeu pour les commerçants et les producteurs. L’état des routes influence en effet l’acheminement des produits et les déplacements liés aux activités commerciales. 

Des liaisons routières en meilleur état peuvent faciliter l’accès aux lieux de vente et le transport des marchandises. Deux marchés ont également été construits dans le cadre de cette première phase. Toutefois, le bilan ne fournit pas de données sur l’évolution des coûts de transport ni sur les éventuelles répercussions de ces infrastructures sur les prix des produits.

Augmentation des revenus

Le soutien aux entreprises représente un autre axe du PACFC. Au total, 254 petites et moyennes entreprises ont bénéficié de formations, tandis que 48 ont été accompagnées dans le cadre d’un dispositif d’incubation. Ces dispositifs visent à renforcer les capacités des structures concernées. Les données disponibles ne détaillent cependant pas leur situation après cet accompagnement, notamment en matière de chiffre d’affaires, de création d’emplois ou d’élargissement des débouchés.

Dans le secteur agricole, 82 associations féminines ont reçu des équipements. Cette aide concerne des acteurs dont les activités dépendent notamment de la production et de la commercialisation des récoltes. L’amélioration des liaisons routières et de l’accès aux marchés peut contribuer à faciliter l’écoulement des produits agricoles, sans pour autant garantir une augmentation des revenus des bénéficiaires.

Les réalisations de la première phase du PACFC couvrent ainsi plusieurs aspects du développement économique local, des infrastructures routières aux équipements marchands, en passant par le renforcement des capacités des entreprises et des associations agricoles. Leur impact dépend toutefois de leur utilisation et des résultats obtenus par les bénéficiaires. Les données communiquées ne permettent pas encore de mesurer précisément les effets de ces investissements sur les revenus des ménages, l’emploi local et les conditions de commercialisation. De tels indicateurs restent indispensables pour évaluer les retombées économiques concrètes des actions menées entre 2019 et 2025.

Fanilo Mampianintsoa

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