Le sélectionneur des Barea U23, Boualem Mankour, et son adjoint Johan Paul sont de passage à Madagascar depuis presque une semaine pour préparer la présélection en vue des matchs qualificatifs à la CAN U23.
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| Boualem Mankour, sélectionneur des Barea U23. |
Quelles sont vos principales missions ?
Avec l’accord du président de la fédération et du président du projet, je pensais partir le 26 octobre, mais je vais partir le 19 ou le 20 pour aller voir les expatriés. Je vais publier la liste des locaux le 19 et celle des expatriés le 22 parce qu’on doit partir pour Maurice préparer ces matchs contre l’Afrique du Sud. C’est difficile, mais ce n’est pas impossible.
Comment allez-vous former la sélection, avez-vous l’intention d’opter pour 50/50 vu l’effectif des présélectionnés ?
Je ne refuse pas (…) Quand je vois l’équipe A, il y a beaucoup d’expatriés et très peu de locaux. Mais quand je vois le coach Roro au Chan, il n’y avait que des locaux et ils ont joué la finale contre le Maroc. Moi, j’ai plus tendance à valoriser le pays et les locaux. Je suis Franco-algérien, je défends Madagascar contre l’Algérie ou la France. Je défends le pays qui me donne le pain. Je veux valoriser les locaux pour développer le football malgache.
Comment avez-vous procédé à la sélection des expatriés ?
Nous avons contacté leur coach. Nous ne pouvons pas voir tous leurs matchs, mais nous pouvons le faire à 70 % grâce aux vidéos, parce que les clubs filment leurs matchs. Nous essayons de parler avec les joueurs et aussi les coachs. Nous nous entendons bien malgré la concurrence.
Comment trouvez-vous le niveau des locaux après une semaine avec eux ?
À Madagascar, il y a des joueurs très techniques, très offensifs et aussi défensifs. Le problème est qu’ils s’adaptent à une équipe faible et aussi à une équipe forte. Nous allons essayer de rectifier. Madagascar peut exploser à l’international si nous travaillons bien l’aspect tactique et surtout mental. C’est hyper important. Nous faisons surtout un travail qu’on appelle la périodisation tactique. Nous essayons d’emmener les joueurs à ne pas faire les mêmes choses. Nous les sortons de leur zone de confort et les amenons à réfléchir à tout ce qu’ils doivent faire, et à avoir envie de faire le travail. La notion de sacrifice doit coller à l’équipe nationale (…) Huit ou neuf joueurs sont sortis du lot lors du match test de dimanche. Il y en a encore deux qui manquent (…) Nous allons même pousser jusqu’à onze ou douze. Ils jouaient à la façon malgache, toujours vers l’avant, mais ils n’y étaient pas sur le placement et tactiquement. Il faut jouer différemment contre l’Afrique du Sud. Il faut exploiter les qualités de chaque joueur, garder l’identité de jeu et ne pas se calquer sur l’équipe sud-africaine.
Qu’est-ce qui s’est réellement passé lors de l’incident où vous avez quitté le groupe ?
La personne qui a publié ça sur les réseaux sociaux ment. Cela n’a rien à voir avec la fédération. C’était l’Uficasm qui a pris le coach. Cette association l’a fait avec ses moyens. Le projet m’intéressait. J’ai avancé pour mon staff, ils sont des pères de famille. Le président de l’Uficasm m’a dit de me rembourser. J’ai dit à un responsable qu’on me doit 9 000 euros (…) J’arrive à l’aéroport avec mes valises. Il m’a emmené 3 000 euros. J’ai dit à Jaona : je n’ai pas mon argent, je ne pars pas. Mais je n’ai rien dit à la presse. Et on m’a dit que j’avais craché sur la nation. J’aime ce pays parce que je me sens utile. Jaona m’a rappelé pour un rassemblement à Paris et j’y étais. Il a dit qu’on n’a pas d’argent. Je suis venu parce que le projet me plaît. Nous le faisons d’abord bénévolement. On nous donne les frais de mission et de déplacements. Je n’ai pas encore signé le contrat pour l’heure.
Sur quel aspect allez-vous consacrer la préparation ?
Nous allons encore ouvrir la porte. J’ai vu quelques zones un peu faibles. Il y a toujours des joueurs que nous oublions. Il faut faire des choix, c’est ma responsabilité. Si ça marche, tout le pays sera content, si ça ne marche pas, je suis responsable. Mon staff ne reste pas sans rien faire. Il assure aussi les expatriés. Les vidéos sont envoyées. Il y a deux nouveaux joueurs en Nationale 2, âgés de 19 ans, de père et mère malgaches.
Serge Rasanda
