Poliomyélite, rougeole et carence en vitamine A : la campagne régionale de vaccination a été lancée ce lundi au dispensaire de Tanambao. Face aux rumeurs persistantes, les autorités sanitaires rappellent un principe fondamental : la vaccination demeure le moyen le plus efficace de protéger les enfants contre des maladies potentiellement mortelles.
| Quelques mères sont venues au dispensaire de Tanambao avec leurs enfants pour les faire vacciner. |
Cette opération de cinq jours, menée à l’instar des autres régions de Madagascar, vise à contenir la circulation active de la poliomyélite et de la rougeole dans le pays.
Dès les premières heures, quelques mères se sont présentées pour faire immuniser leurs enfants, convaincues de leur offrir les meilleures chances de grandir en bonne santé. Si certaines, expérimentées, témoignent sans hésiter des bienfaits du vaccin, d’autres restent encore réservées.
Pour les responsables de la santé, le message est clair : tant qu’un cas subsiste sur le territoire, le risque épidémique demeure. La poliomyélite est particulièrement redoutée pour ses séquelles irréversibles.
« La polio peut provoquer une paralysie definitiva, nécessitant une prise en charge de l’enfance jusqu’à l’âge adulte », rappelle le Dr Paulin Manjary Ramasy, directeur régional de la Santé publique, venu sensibiliser les mères présentes.
Le médecin apporte d’ailleurs des précisions sur le calendrier et les modalités d’administration afin de rassurer les familles. Le vaccin contre la poliomyélite, administré sous forme de deux gouttes par voie orale sans injection, concerne les tout-petits âgés de 0 à 59 mois. Celui contre la rougeole s’adresse aux enfants de 9 à 59 mois et s’effectue par une piqûre à l’épaule, et non dans la cuisse souvent associée aux poussées de fièvre. Enfin, la vitamine A est distribuée deux fois par an aux enfants de 6 à 59 mois pour renforcer leur vision et leurs défenses immunitaires. Des détails pratiques essentiels pour couper court aux fausses informations qui alimentent la méfiance.
Refus catégorique et rumeurs
Sur le terrain, le constat des agents de santé reste préoccupant. Malgré les efforts de sensibilisation en porte-à-porte, les réticences demeurent vives. Certains habitants refusent tout dialogue, allant parfois jusqu’à lâcher leurs chiens sur les équipes en intervention.
L’emprise des fausses croyances s’illustre aussi dans le témoignage de Soatombo, mère de quatre enfants âgés de 2 à 14 ans, rencontrée près du dispensaire. Elle n’a jamais fait vacciner sa fratrie, suivant les mises en garde transmises par les grands-parents.
Outre le poids des traditions familiales, des rumeurs en ligne et du manque d’écoute, d’autres obstacles freinent l’adhésion des ménages : l’éloignement géographique des centres de santé et les contraintes financières de transport.
Raheriniaina