ANNIVERSAIRE NOIR - Le procès du drame d’Imerinkasinina se tiendra sur deux jours

Le procès du drame d’Imerinkasinina, qui a fait trente et un morts en juin 2025, s’ouvrira les 18 et 19 novembre au tribunal d’Anosy. Les familles attendent que toute la lumière soit faite.

Des proches des victimes attendent que justice soit rendue.

Le procès de l’affaire d’intoxication alimentaire survenue lors d’une fête d’anniversaire à Imerinkasinina, le 14 juin 2025, et qui a fait trente et un morts, va enfin s’ouvrir. Il se déroulera sur deux jours, les mercredi 18 et jeudi 19 novembre prochains. Selon un communiqué officiel du ministère de la Justice, « le procès, qui se tiendra au tribunal d’Anosy, sera ouvert au public ». « Nous avons été convoqués aujourd’hui (ndlr : hier) pour retirer nos convocations », indique Voavy Marie, mère de Nombana et d’Onja, décédés à la suite de l’intoxication survenue lors de cet anniversaire.

Au mois d’août dernier, les auditions des familles des victimes ayant perdu des enfants, des frères et sœurs ou d’autres proches dans cette affaire ont pris fin. Près d’une centaine de personnes ont ainsi été entendues par le procureur de la République au tribunal d’Anosy depuis le début des auditions des témoins. Lors de sa visite aux victimes qui recevaient des soins à l’étranger, la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, avait indiqué que « les résultats des analyses des substances suspectées d’être à l’origine du drame, effectuées à Maurice et en Russie, figurent parmi les preuves attendues avant le procès ».

Toutefois, les parents ayant perdu leurs enfants lors de ce samedi noir continuent de penser qu’il pourrait s’agir d’un empoisonnement volontaire. « Loin de nous cette idée, mais il pourrait même s’agir d’un sacrifice humain. L’affaire doit donc être examinée et jugée en toute vérité, car, si la lumière n’est pas faite, nos enfants seront morts pour rien», souligne Voavy Marie. Les familles attendent également que la vérité soit établie sur les personnes citées comme étant les éventuels véritables responsables de cette intoxication alimentaire.

«Papa sôsy»

La présence d’un certain « papa sôsy », soupçonné d’avoir agi de connivence avec Fenohasina, l’organisateur de l’anniversaire, avait notamment marqué cette affaire. « Ce que nous demandons est simple : que toute la vérité soit faite sur cette affaire, conformément aux déclarations de la ministre, qui a suivi le dossier de près. Cette personne doit donc être identifiée », a déclaré hier, lors d’un entretien téléphonique, Urbain Randrianarivo, président de l’association des familles des victimes.

La plupart des familles des victimes se disent également quelque peu préoccupées par l’absence des noms de Fenohasina et de sa mère sur la liste des personnes convoquées à comparaître le 18 novembre. « Seuls les noms de Mme Clarisse et de son complice, le guérisseur traditionnel qui aurait répandu les substances toxiques, y figurent. Cela nous inquiète et nous demanderons des explications au tribunal. Nous pensons toutefois que ce que nous redoutons ne se produira pas et que leurs noms pourraient figurer parmi ceux de leurs complices », ajoute le président de l’association des familles des victimes.

Le 19 juin 2025, les personnes soupçonnées dans l’affaire d’intoxication alimentaire survenue à Imerinkasinina ont été présentées pour la première fois devant le parquet du tribunal d’Anosy. Trois femmes ont été placées en détention provisoire à l’issue de leur interrogatoire. 

Juliano Randrianjakarilala

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne