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| Un danseur de « Tanindrazana » en mouvement sur scène. |
Des corps qui attendent, tombent, se relèvent et avancent : « Tanindrazana » fait de la danse contemporaine le langage d’une quête de liberté, d’identité et d’appartenance. La pièce a été présentée ce samedi à l’Institut français de Madagascar (IFM), dans le cadre du festival Temps Fort Danse. Elle est portée par les chorégraphes Zoë Dinampitia et Rijamalala Rakotoarimanana, danseur-chorégraphe de la Jarim’s Company, dont la pratique s’inscrit dans la danse contemporaine.
Cette création est développée dans le cadre du projet « Territoire en partage », initié par le Cercle Germano-Malgache d’Antananarivo en partenariat avec l’Alliance Française de Toamasina. Le spectacle est coproduit par ces deux institutions, en collaboration avec la Compagnie Jarim’s.
À travers un processus de recherche et d’échange avec les danseurs-interprètes, Zoë Dinampitia et Rijamalala Rakotoarimanana interrogent la notion de « patrie ». Que représente ce territoire intime et collectif qui construit chacun ? Comment l’habiter, le partager et le transmettre ? Le partage devient ainsi le fil conducteur de la création, en écho à des valeurs profondément ancrées dans la culture malgache : solidarité, transmission, coexistence et vivre-ensemble.
« Tanindrazana » propose une réflexion sensible sur l’appartenance, la mémoire et les liens qui unissent les individus à leur territoire. La pièce s’intéresse également aux trajectoires humaines marquées par l’effort, la résilience et l’espoir. Les interprètes portent les défis, les obstacles et les aspirations qui façonnent leur existence, dans une recherche d’émancipation face aux limites sociales, économiques ou personnelles.
Le quotidien transformé en mouvement
La pièce s’ouvre sur une image familière : téléphone portable en main, les danseurs s’alignent comme dans une situation d’attente collective. Puis une musique surgit d’un téléphone. Un premier corps entre en mouvement, avant qu’un autre n’interrompe la musique et impose une nouvelle ambiance sonore. Les relais se succèdent, les dynamiques se transforment et les trajectoires se croisent.
Cette succession d’actions fait écho aux attentes, frustrations, prises de parole, ruptures, résistances et adaptations qui traversent la société malgache. Les corps oscillent entre l’unisson et la divergence. Mouvements répétitifs, rotations, déséquilibres et chutes traduisent une lutte à la fois collective et intérieure.
Les interprètes tombent, se relèvent, se soutiennent ou s’opposent. Les soupirs, les silences, les rires étouffés et les élans physiques composent une écriture chorégraphique où la fragilité devient une force. Guidés par la persévérance, l’imaginaire et le désir d’un avenir meilleur, ils avancent comme des « soldats pacifiques ».
La danse devient alors leur langage commun : elle transforme la souffrance en mouvement, la résistance en création et l’attente en action. « Tanindrazana » met ainsi en scène des individus qui cherchent leur place dans un monde en mouvement, tout en affirmant leur appartenance à une histoire commune.
Cassie Ramiandrasoa
