À l’approche de la saison des pluies, Antananarivo s’attaque à l’engorgement de ses canaux avec une opération de curage sur près de 50 kilomètres. Sa réussite dépendra toutefois du suivi des travaux et du civisme des usagers.
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| Un canal encombré de déchets, un risque accru d’inondation à l’arrivée des pluies. |
Déchets accumulés, boues et risques d’obstruction : l’état des réseaux d’évacuation reste un enjeu central pour limiter les inondations. La Commune urbaine d’Antananarivo annonce une opération de grande ampleur. Sur le terrain, la réussite du dispositif dépendra toutefois de la continuité des travaux, de la surveillance et de la réaction des équipes face aux premières fortes précipitations.
Le 30 septembre marquera le lancement d’une vaste opération de curage dans les six arrondissements de la capitale. Prévue sur près d’un mois, elle concernera 61 fokontany et environ 50 kilomètres de canaux secondaires et tertiaires. Les travaux s’inscrivent dans le cadre d’un projet de « Vivres contre travail » et visent à améliorer l’écoulement des eaux en retirant les déchets et les dépôts qui encombrent les ouvrages. L’objectif affiché est de renforcer la capacité du réseau de drainage avant l’arrivée des pluies intenses.
La préparation ne se limite cependant pas au curage. La disponibilité des moyens humains et matériels, le suivi des zones sensibles ainsi que la capacité d’intervention rapide font également partie du dispositif annoncé par la direction chargée de la gestion des risques au sein de la Commune.
Civisme
Plusieurs acteurs doivent prendre part à cette mobilisation, notamment les services techniques concernés, les services chargés de la gestion des risques, la Croix-Rouge Malagasy et différents partenaires. L’approche défendue consiste à intervenir en amont, plutôt que d’attendre les conséquences des fortes pluies pour agir.
Dans les quartiers, la mobilisation communautaire constitue un autre volet de la préparation. À Manarintsoa Atsinanana et Andavamba Anjezika, près de 3 000 personnes ont participé à une opération de nettoyage. Les interventions ont porté sur le retrait des déchets dans les canaux et le nettoyage de leurs abords. Une action qui rappelle que l’entretien des ouvrages ne peut pas reposer uniquement sur des opérations ponctuelles.
« Le civisme est essentiel. Quels que soient les efforts déployés, si les déchets continuent d’être jetés dans les canaux, tout le travail réalisé risque d’être réduit à néant », souligne un sociologue. Le comportement des usagers reste ainsi un facteur déterminant après le passage des équipes de nettoyage.
Le défi se situe donc à deux niveaux : dégager les canaux et empêcher qu’ils ne soient rapidement encombrés à nouveau. Les travaux annoncés devront être accompagnés d’un suivi régulier, particulièrement dans les zones exposées aux inondations.
Avec près de 50 kilomètres de canaux ciblés, l’opération représente un chantier important. Toutefois, son efficacité se mesurera au-delà du nombre de kilomètres nettoyés. La capacité des réseaux à évacuer les eaux, la rapidité des interventions et le maintien de la propreté pendant toute la période à risque constitueront les véritables tests de la préparation d’Antananarivo.
Fanilo Mampianintsoa
