De retour de sa tournée européenne, le colonel Randrianirina a annoncé la relance du projet de centrale hydroélectrique de Volobe. L’État compte entrer au capital de ce chantier d’envergure, tandis que la question du prix du kilowattheure serait désormais réglée.
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| Le chef de l’État et les membres de l’Exécutif face à la presse, vendredi, à Ivato. |
Nous allons relancer le projet Volobe. » C’est l’une des principales annonces faites à la presse par le chef de l’État, le colonel Michaël Randrianirina, à son retour d’Europe dans la nuit de vendredi.
Selon ses explications, la construction de ce barrage et de sa centrale hydroélectrique a occupé une place centrale dans ses échanges à l’étranger. Lors de son entretien avec Emmanuel Macron au palais de l’Élysée, le président français « s’est engagé à appuyer le plaidoyer de Madagascar auprès de l’Union européenne (UE)» afin d’obtenir un financement via le Fonds vert pour le climat. De même, le Premier ministre belge, Bart De Wever, a assuré le soutien de la Belgique sur ce dossier.
Le locataire d’Iavoloha a précisé que l’exécutif entend mobiliser les subventions de ce mécanisme onusien créé en 2010 pour aider les pays en développement à favoriser une économie à faibles émissions de carbone, afin de financer sa prise de participation. Le colonel Randrianirina a par ailleurs affirmé que la Banque mondiale avait également manifesté sa volonté de soutenir financièrement l’entrée de l’État dans le capital de l’infrastructure.
Les débuts du projet, plus précisément baptisé Volobe II, remontent à 2016. Les premières conventions avaient alors été signées entre l’État et la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV). L’ambition est de bâtir, sur la rivière Ivondro (région Atsinanana), un site d’une capacité estimée à 120 mégawatts (MW). Cependant, en raison de négociations enlisées et du retrait de certains membres du consortium, le chantier peine à décoller depuis dix ans.
Le tarif de l’électricité a longtemps constitué le principal point d’achoppement des tractations. La CGHV réclamait 17 cents de dollar par kilowattheure, tandis que l’État tablait sur 9 cents. Si la durée de la concession a été fixée à vingt-cinq ans par la signature d’un contrat en 2023, le bouclage financier reste en suspens.
Des points de blocage enfin levés
Lors de son passage à Madagascar en avril 2025, Emmanuel Macron avait annoncé l’intégration d’Électricité de France (EDF) au consortium, mais cette entrée n’a pas permis de boucler le financement. En juillet dernier, le pouvoir de la Refondation a donc signé un avenant avec la CGHV pour prolonger les négociations jusqu’en juin 2027, maintenant les discussions sont ouvertes sur les coûts et l’actionnariat public.
À s’en tenir aux déclarations présidentielles de vendredi, un compromis semble enfin trouvé pour mobiliser les fonds nécessaires. Bien que le chef de l’État n’ait pas précisé le montant de l’enveloppe que Madagascar s’apprête à injecter, cet investissement public aurait permis d’obtenir une baisse du tarif initialement proposé par l’opérateur.
« La participation de l’État permettra d’avancer dans la réalisation de Volobe, tout en réduisant le coût de l’énergie pour les usagers », a assuré le colonel Randrianirina.
Avec ses 120 MW annoncés, la future centrale devrait alimenter les Réseaux interconnectés d’Antananarivo (RIA) et de Toamasina. Comme l’a souligné le chef de l’État, « en matière énergétique, nous n’avions fait que colmater les brèches jusqu’ici». Volobe est ainsi présenté comme la solution durable à la crise énergétique nationale. Reste désormais à transformer ces promesses en réalité, alors que la relance de ce projet a déjà été annoncée à maintes reprises depuis dix ans.
Garry Fabrice Ranaivoson

A ce jour la refondation n'a pas failli à ses engagements contrairement à l'autre en fuite dont l'inertie puante préjudiciable à l'avenir énergétique de ce pays mérite une vraie enquête parlementaire !
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