PRIX DU PADDY - La SPM garantit un débouché aux riziculteurs

Face aux fluctuations du marché, la State Procurement of Madagascar (SPM) intervient directement à la source.

Des sacs de riz paddy prêts à être acheminés depuis Tanambe, dans le cadre de la campagne d’achat auprès des producteurs.

Dans le district d’Amparafaravola, notamment à Tanambe, la campagne de collecte de riz paddy a débuté ce lundi 14 septembre au tarif de 1 500 ariary le kilo, une initiative visant à sécuriser les revenus des paysans et à réguler les cours.

À Tanambe, la SPM table sur l’acquisition de 700 tonnes de paddy. Les opérations se déploieront ensuite à Andilamena, où 500 tonnes seront collectées, puis à Ampitatsimo (district d’Ambatondrazaka) pour un volume de 300 tonnes. Au total, l’entreprise publique ambitionne de mobiliser 1 500 tonnes de riz dans la région Alaotra-Mangoro en l’espace de trois jours. À Betafo, dans le Vakinankaratra, le volume prévu pour cette première étape pourrait atteindre 50 tonnes.

Cette politique d’achat public permet surtout aux exploitants d’écouler leur production à un prix nettement plus rémunérateur que celui du marché libre. « À Tanambe, l’injection de ces 1 500 ariary le kilo change la donne », explique Lovasoa Thierry Randriatahiana, maire de la commune. Selon l’édile, ce dispositif soutient efficacement les ménages agricoles, alors que le paddy se négociait auparavant autour de 1 250 ariary le kilo dans la localité.

Coordination

Le secrétaire général du ministère du Commerce et de la Consommation, Jules Christian Rakotoson, rappelle que la SPM endosse ici un rôle de régulateur. La société d’État traite en direct avec les coopératives et les agriculteurs, appuyée par les autorités locales qui encadrent la logistique sur le terrain. Le ministère de tutelle assure, de son côté, le pilotage stratégique de cette mesure gouvernementale.

Les modalités de cette campagne ont d’ailleurs fait l’objet d’une table ronde le 13 septembre. Cette rencontre a réuni le directeur général de la SPM, Guillot Ramilison, des élus de la région, des députés, le chef du district d’Ambatondrazaka, le directeur régional du Commerce ainsi que des représentants des municipalités.

L’opération ne se limite pas simplement à l’achat. Selon le secrétaire général du ministère, le riz acquis par la SPM sera rapidement acheminé vers les usines de transformation afin d’éviter les pertes liées à un entreposage prolongé. Des grossistes partenaires prendront ensuite le relais pour assurer la distribution vers les régions subissant un déficit d’approvisionnement, à l’instar de l’Atsimo-Atsinanana, l’Atsimo et Antananarivo.

Le ministère du Commerce entend surveiller de près l’ensemble de la chaîne de valeur, du prix d’achat initial à la revente aux consommateurs. Ce suivi rigoureux des volumes et des marges commerciales vise à stabiliser le marché et à limiter toute tentative de spéculation ou de rétention de stocks.

À plus long terme, la feuille de route ministérielle prévoit la mise en place d’une cartographie des flux d’approvisionnement. L’objectif est d’identifier précisément les bassins de production excédentaires pour basculer rapidement les stocks vers les régions en pénurie, garantissant ainsi la sécurité alimentaire du pays.

Lucia Rabarijaona

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne