INVESTISSEMENT - Les États-Unis affirment leur intérêt pour Madagascar

Les rencontres du chef de l’État, à New York, ont mis en lumière l’intérêt des États-Unis pour Madagascar. Les échanges ont porté sur les investissements, les ressources stratégiques et la opération.

Le chef de l’État et le secrétaire d’État adjoint américain chargé des affaires africaines, durant  leur rencontre, la semaine dernière.

Prometteurs. Ce mot résume l’enthousiasme dont a fait part le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, sur la suite que devraient avoir ses rencontres avec des acteurs américains, en marge de son séjour à New York, la semaine dernière.

« Nous avons spécialement requis la venue des investisseurs américains à Madagascar. Plusieurs devraient venir, mais nous verrons », indique le locataire d’Iavoloha, en réponse à la presse, en marge du dépôt de gerbes sur la stèle commémorative du 25 septembre 2025, vendredi en fin de journée. Plusieurs de ces échanges ont fait une place importante aux questions économiques et aux opportunités d’investissement à Madagascar, dans un contexte où les États-Unis manifestent un intérêt particulier pour des secteurs stratégiques de la Grande Île.

Le 23 septembre, le chef de l’État a notamment rencontré des représentants du secteur privé américain, dont ceux du groupe Jordache Mklein, présent dans plusieurs zones franches à Madagascar. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération économique entre les deux pays ainsi que sur les possibilités d’accroître les investissements américains.

La question du financement a également été abordée. Le colonel Randrianirina s’est entretenu avec Marques Coleman, vice-président et responsable d’un bureau consacré au déploiement rapide, ainsi qu’avec des partenaires de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC) et de Harena Rare Earths. 

« Les échanges ont concerné des projets dans les domaines des infrastructures énergétiques, de l’eau et de l’agriculture », selon le communiqué de la présidence de la Refondation de la République.

Projet minier

Cette séquence intervient alors que la DFC, qui est la Banque américaine de développement pour l’investissement, s’est engagée récemment dans un financement destiné au développement du projet de terres rares de Harena Rare Earths, à Madagascar, à Ampasindava, dans le Nord-Ouest du pays. Selon l’agence américaine, sur son site web, il s’agit de son premier investissement minier dans le pays. Le projet est présenté comme une source potentielle de terres rares nécessaires à certaines chaînes d’approvisionnement industrielles américaines.

Le dossier des ressources stratégiques pourrait ainsi avoir été l’un des points d’orgue de cette rencontre. La DFC indique par ailleurs que Madagascar figure parmi les pays où elle peut apporter son soutien financier et travailler avec le secteur privé. Le 24 septembre, le chef de l’État a également rencontré Frank Garcia, secrétaire d’État adjoint américain chargé des affaires africaines. La réunion a porté sur le renforcement de la coopération bilatérale, notamment dans le domaine de la sécurité maritime. Les deux parties ont également évoqué le fonctionnement de l’Agoa ou African Growth and Opportunity Act, la reprise de la délivrance de visas à Antananarivo.

Autre rencontre, celle avec Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour l’Afrique auprès du département d’État. La présidence n’a toutefois pas communiqué le contenu des échanges. Cette succession de contacts politiques, économiques et financiers illustre néanmoins la diversité des dossiers désormais inscrits dans les relations entre Madagascar et les États-Unis.

De prime abord, le blocage du dossier Vara Mada ne semble pas doucher l’intérêt américain pour Madagascar. Des intérêts qui semblent s’accroître, notamment dans le secteur des ressources stratégiques. Ce projet minier dans le Sud-Ouest du pays fait toujours face à une contestation de la part de la population locale. La semaine dernière, justement, une partie des habitants de la commune d’Ankilimalinike, dans le district de Toliara II, sont redescendus dans la rue pour réaffirmer leur opposition au projet Vara Mada.

Garry Fabrice Ranaivoson

2 Commentaires

  1. Encore ce projet de ravager Ampasindava, presqu'île vierge face à Nosy Be. Un trésor naturel creusé de baies profondes, de cratères, de cascades, cerné de corail... Y extraire et y traiter des millions de m3 de roches serait fatal a cet écosystème . Les Allemands y ont renoncé il y a 10 ans. Espérons que les Américains iront chercher des terres rares dans un lieu moins exceptionnel !

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    1. Un lieu loin de détruire l'écosystème et la biodiversité

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