Le ministère de la Santé publique a envoyé des équipes à Ifanadiana, où plusieurs communes isolées sont touchées par une épidémie ayant déjà fait trente-six morts.
![]() |
| Consultation d’un enfant à Ampasinambo Ifanadiana. |
Les habitants de plusieurs communes isolées d’Ifanadiana sont confrontés à une épidémie qui a déjà fait plusieurs victimes.
« Selon le rapport reçu sur le terrain, dix-huit décès ont été enregistrés à Fasintsara (NDLR : décès survenus au sein de la communauté aux mois de juillet et août dans cette commune d’Ifanadiana), tandis que dix-huit autres ont été recensés à Ampasinambo (NDLR : décès survenus au cours de ce mois de septembre dans cette autre commune d’Ifanadiana), dont quatorze au sein de la communauté et quatre dans un établissement de santé », a indiqué le ministère de la Santé publique ce week-end.
Le paludisme et la rougeole sont suspectés d’être à l’origine de ces décès. Les résultats des prélèvements effectués sur quatre enfants de moins de 5 ans à Ampasinambo, lors de la descente de la ministre de la Santé publique, le Dr Monira Magnana, dans cette zone, seraient positifs à la rougeole. Des tests de diagnostic rapide du paludisme seraient également positifs. Le Pr Mamy Randria, infectiologue qui s’est rendu dans la région en hélicoptère avec la ministre de la Santé publique, a constaté chez plusieurs patients de la fièvre, des symptômes grippaux, des éruptions cutanées, des rougeurs oculaires et de la diarrhée.
Éloignement
À Ampasinambo, l’épidémie continue de sévir. À la date du 19 septembre, soixante-quatre cas suspects ont été enregistrés. Le ministère a envoyé des professionnels de santé, dont des pédiatres et des urgentistes, ainsi que des médicaments dans cette zone, dans le cadre de la riposte. « Les médicaments sont envoyés via des drones, car la zone est inaccessible », indique le Dr Andrianina Désiré Rakotoarimino, directeur général de la Médecine préventive au sein du ministère.
Ces communes se situeraient à 145 km d’Ifanadiana. Elles ne sont accessibles qu’à moto, aucune route carrossable ne permettant d’y accéder en voiture, et le trajet demanderait deux jours. Une fois sur place, les centres de santé restent éloignés de certains villages. À Ampasinambo, par exemple, certains villages se trouvent à 20 km du centre de santé le plus proche. « La piste, boueuse, traverse des reliefs montagneux difficiles. C’est pourquoi de nombreux habitants renoncent à se rendre dans les centres de santé et préfèrent consulter les guérisseurs du village », indique une source.
Cet éloignement compliquerait également la vaccination des enfants.
« Un faible taux de couverture vaccinale maintient un risque permanent d’épidémie», explique le Pr Mamy Randria.
L’éloignement géographique des structures de santé concerne de nombreux villages à Madagascar. « Il y a énormément de villages isolés chez nous », affirme une source. Pour se faire vacciner ou bénéficier d’une prise en charge médicale, les habitants doivent parfois parcourir plusieurs kilomètres à pied. Dans de nombreux centres de santé communautaires, des paramédicaux assurent seuls la prise en charge, avec des moyens et des médicaments parfois insuffisants. L’accès aux médecins spécialistes nécessite souvent de rejoindre les principaux centres urbains. L’amélioration de l’accès aux soins dans les zones enclavées demeure ainsi l’un des défis du système de santé.
Miangaly Ralitera
