Le bilan de l’accident survenu dans le tunnel d’Ambohidahy s’alourdit. Une nouvelle victime a succombé à ses blessures, tandis que le chauffeur du taxi-brousse reste placé en détention provisoire.
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| Lors du constat effectué par les agents de la Brigade des Accidents de la Circulation après l’accident survenu à Ambohidahy. |
Patricia Razafinirina, 32 ans, est également décédée. Elle fait partie des victimes du terrible accident de la circulation survenu dans le tunnel d’Ambohidahy. Mère de famille, elle laisse derrière elle une fillette de 3 ans. Le bilan de cet accident s’élève désormais à six morts.
Pour rappel, l’accident s’est produit le mardi 9 septembre 2026, vers 14 h 30. Un taxi-brousse de la ligne 186, en provenance d’Analakely et se dirigeant vers Anosy, a brusquement quitté sa trajectoire dans le tunnel. Il est monté sur le trottoir et a fauché neuf piétons. Dans un premier temps, deux personnes ont perdu la vie, dont Jean Jacques Ravaojanahary, un secouriste de 30 ans de la promotion 2022, qui rentrait chez lui à Fenoarivo après son service. Le bilan est ensuite passé à quatre morts. Le mercredi 10 septembre au soir, une autre femme, âgée de 30 ans, a succombé à ses blessures au HJRA.
Patricia est désormais la sixième victime. Selon sa famille, elle quittait son lieu de travail à Analakely et regagnait son domicile aux 67 Ha avec une amie lorsqu’elle a été percutée par le véhicule. « Elle avait une plaie ouverte à la tête et présentait d’importants gonflements. Elle parlait encore et se plaignait beaucoup. Elle a passé un scanner, mais elle est décédée à 19 h 30 », témoigne un membre de sa famille.
Zone d’ombre
Un témoignage similaire évoque les derniers instants de Patricia : « À son arrivée à l’hôpital, elle a donné le nom de son enfant ainsi que son numéro de téléphone. Elle vomissait beaucoup de sang, se plaignait et luttait de toutes ses forces. Elle n’a pas survécu. »
Elle revenait de son travail à Analakely et regagnait son domicile aux 67 Ha. Elle circulait à pied dans le tunnel lorsqu’elle a été percutée par le taxi-brousse. Transportée au HJRA, elle a succombé à la gravité de ses blessures malgré les efforts des médecins.
« Nous refusons de considérer les taxis-brousse comme de simples cercueils ambulants», déclare la famille. «Il faut que les responsables rendent des comptes. » Le chauffeur, Charles, a été placé en détention provisoire à Antanimora. L’affaire sera jugée le 13 octobre. Il est poursuivi pour homicide involontaire, une infraction passible d’une peine de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 200 000 à 6 000 000 d’ariary.
Le débat reste ouvert : les freins ont-ils réellement fait défaut ou un vélo a-t-il brusquement coupé la route au chauffeur, comme il l’affirme ? Il évoque également la présence d’une « zone d’ombre » ou d’un « passage étroit ». La première expertise technique indique toutefois que le système de freinage ne présentait aucun problème.
Miora Aristodème
