Antananarivo est gérée par la commune urbaine, mais son développement repose sur une action collective. Gouvernement, commune et fokontany apportent chacun leur contribution pour faire avancer la ville.
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| Le président de la délégation spéciale de la ville d’Antananarivo, Feno Ralambomanana. |
En tant que capitale du pays, la ville possède un statut particulier. La Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA) jouit d’une autonomie réelle qui lui permet de s’administrer librement dans un cadre adapté. Ses compétences sont vastes : animation, planification et coordination du développement local, transports, gestion de la voirie, assainissement, hygiène, accès à l’eau et éclairage public. C’est également à elle qu’incombe le respect des règles d’urbanisme. À ce titre, la municipalité peut ordonner la démolition de structures présentant un danger, bien qu’une décision du tribunal des référés reste obligatoire avant toute intervention.
Malgré ses prérogatives, la municipalité peine à assumer seule le développement de la capitale. « Concernant les infrastructures routières par exemple, l’entretien des voies communales relève théoriquement de notre compétence. Cependant, faute de budget suffisant, nous ne pouvons réaliser que des travaux de maintenance. Pour les grands chantiers nécessitant un décapage et un enrobage complet, l’appui du gouvernement est indispensable », confie une source au sein de la CUA.
Des recettes fiscales en berne
Du côté des ministères, on précise que l’aide apportée respecte scrupuleusement l’autonomie de décision de la ville. « Les interventions de l’État s’articulent autour d’un appui technique et financier. Si des chantiers s’avèrent nécessaires pour répondre aux besoins de la population mais que les ressources locales manquent, le gouvernement peut prendre le relais », explique-t-on au sein d’un département ministériel.
Les finances de la capitale reposent principalement sur les subventions étatiques, les taxes locales et la redevance sur les ordures ménagères (ROM). Cependant, les recettes restent dérisoires en raison d’un incivisme fiscal persistant. Sur les 200 000 logements recensés à Antananarivo, seules 33 000 propriétés s’acquittent de l’impôt foncier, soit à peine 15 % des contribuables potentiels selon les chiffres communiqués par la mairie en août.
Dans ce contexte, les 192 fokontany de la capitale constituent des piliers indispensables pour l’administration centrale. Leurs responsables participent activement à l’élaboration des programmes de développement. La mairie délègue également aux chefs de fokontany plusieurs tâches administratives et de proximité, telles que la délivrance des certificats de résidence, de célibat ou de vie, ainsi que la médiation des conflits de voisinage.
« Récemment, la commune nous a sollicités pour intensifier les campagnes de sensibilisation sur l’assainissement et le civisme fiscal. Aucun développement n’est possible sans une contribution de la base et un changement profond des mentalités», martèle le président du fokontany d’Ampangabe.
Enfin, le Préfet de police d’Antananarivo, délégué du ministère de l’Intérieur, représente l’Etat auprès de la commune. Il assure le contrôle de légalité a posteriori des actes pris par la municipalité.
Miangaly Ralitera
