ENSEIGNEMENT PUBLIC - Le nouveau programme met les enseignants en difficulté

La mise en œuvre du nouveau programme d’études suscite des difficultés au sein des établissements publics. Des enseignants expriment un besoin de formation.

Des élèves d’une école publique durant un cours.

La première semaine de l’année scolaire 2026-2027 s’achève sans réel démarrage dans les établissements scolaires publics. Les cours n’ont pas encore définitivement commencé malgré deux à trois séances par matière.  « On se perd dans ce nouveau programme qui est extrêmement difficile. On ne sait pas par où commencer », lancent des enseignants d’un collège d’enseignement général (CEG) dans la circonscription scolaire d’Antananarivo-ville, hier. 

Des enseignants de mathématiques pointent des difficultés dans les contenus du nouveau programme. « La probabilité, les statistiques, la translation en géométrie, des leçons qui sont données en classe de 3e et en 2e cycle du secondaire dans le programme d’avant, ont été introduites dans le programme de la classe de 6e. Même nous ne les maîtrisons pas, comment allons-nous les enseigner à nos élèves ? », confient des enseignantes de mathématiques d’un établissement scolaire public. 

Un professeur d’Histoire et Géographie dans une zone rurale confie sa difficulté à trouver des documents adaptés aux contenus du programme. « De nouvelles leçons comme le changement climatique et l’énergie renouvelable sont introduites dans le programme de la Géographie. Je n’ai pas de documents sur ces leçons. Mon plus grand souci, c’est que je ne suis pas connecté à Internet, je n’ai pas de téléphone adapté, alors que dans notre établissement, il n’y a pas non plus d’ordinateur connecté », indique-t-il. Les enseignants déplorent en outre la pénurie de supports pédagogiques. « Les fascicules mis à disposition ne suffisent pas à préparer correctement les cours», constatent-ils.

Des réclamations

Certains enseignants reconnaissent toutefois que le nouveau programme correspond aux réalités actuelles et apporte aux élèves les compétences nécessaires aux métiers actuellement en vogue, comme le changement climatique, l’énergie renouvelable ou encore le tourisme. « En français, par exemple, nous abordons le thème du tourisme et les expressions relatives à ce secteur. Ainsi, si des touristes francophones visitent un village touristique, les élèves disposent déjà des notions nécessaires pour échanger avec eux », explique un enseignant de la matière.

Les enseignants demandent à bénéficier de formations et de documents complémentaires. « Les partenaires sont prêts à financer les formations, que nous préparons activement », rassure Yves Martin Razafimandranto, directeur général de la Pédagogie au ministère de l’Éducation nationale. Il précise par ailleurs que des guides pédagogiques ont déjà été acheminés dans les écoles publiques et que d’autres distributions sont à venir.

Miangaly Ralitera

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