La fin des séries A, C et D désorganise les écoles privées. Des enseignants ont du mal à s’adapter.
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| Un enseignant discutant avec des élèves de la classe de terminale d’une école privée. |
Le début de l’année scolaire s’avère difficile pour les établissements privés. Une grande incertitude sur le programme scolaire à adopter règne. Plusieurs enseignants se retrouvent pris de court par l’annonce de la suppression des séries A, C et D au baccalauréat. « J’ai préparé mes cours d’aujourd’hui avec l’ancien programme, selon les instructions données lors de la rentrée des enseignants. On ne me prévient que maintenant qu’il faut s’appuyer sur le nouveau programme », lance un enseignant de physique-chimie auprès d’une école privée, un quart d’heure avant le début des cours, hier après-midi.
L’application de ce nouveau programme se heurte à un déficit de moyens et d’accompagnement. « Nous n’avons pas eu de temps de préparation à cette réforme, car nous n’avons été informés que depuis dix jours. L’État ne nous a transmis, en plus, qu’un guide pédagogique, sans un accompagnement de formation », déplore Miora Ranaivoarison, enseignante de français dans un établissement scolaire privé à Ankadindramamy. Plusieurs écoles ont fait le choix stratégique de maintenir l’ancien système des séries, pour le moment.
« L’absence de manuels scolaires et l’absence de formation des enseignants sont incompatibles avec la mise en œuvre efficace de la réforme et nous obligent à maintenir l’ancien programme », explique un responsable pédagogique auprès d’une école privée.
Désarroi
L’incertitude totale gagne des directions d’établissements privés. « Si nous appliquons la réforme dès maintenant, que se passera-t-il si l’État fait marche arrière face au mécontentement général ? », s’inquiète un chef d’établissement. Même désarroi du côté des futurs candidats au baccalauréat.
« Après avoir échoué à l’examen en série C, lors de la session 2026, je ne sais plus quoi faire maintenant que cette filière est supprimée. À l’école, nous traitons encore le programme de la série C », confie Hainiavo, un élève de la classe de terminale. D’autres ont déjà fait leur choix. « Je voulais passer le baccalauréat série A1, mais comme il n’y en a plus, j’ai choisi le baccalauréat littéraire. Mais si l’ancienne série est maintenue, je passerai la série A1 », réagit Christiano, élève d’une école privée.
Si beaucoup d’écoles hésitent encore, d’autres se sont adaptées au nouveau programme d’études.
« Comme nous appliquons cette réforme en hybride depuis sa phase d’expérimentation en 2019, nous nous y adaptons sans grande difficulté en ce moment », précise le proviseur d’une école confessionnelle. Les établissements scolaires privés rencontreront le ministère de l’Éducation nationale aujourd’hui pour échanger sur cette réforme.
Miangaly Ralitera
