CONSEIL DES MINISTRES - L’état d’urgence énergétique reconduit

Le gouvernement a officialisé le retour de l’état d’urgence énergétique. La mesure a été adoptée en Conseil des ministres, samedi 12 septembre.

Le DG (pi) de la Jirama, le général Haja Rasolomanana, et le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, Radoniaina Rabearimanga ont annoncé plusieurs mesures.

Les dispositions d’exception dans le secteur de l’électricité sont de nouveau en vigueur. L’exécutif a formellement approuvé, le week-end dernier, le décret portant déclaration de cette situation d’urgence sur l’ensemble du territoire de la République de Madagascar.

« Cette décision vise avant tout à alléger les procédures administratives. Elle permettra le déploiement ainsi que l’exécution immédiate de mesures d’urgence pour faire face à la période d’étiage », indique une source proche du dossier.

Le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures, de concert avec la Jirama, a annoncé une série d’actions pour endiguer les coupures de courant. Parmi les chantiers prioritaires figure l’importation de pièces destinées à relancer la turbine à combustion (TAC 1) d’Ambohimanambola. Une opération qui devrait injecter 18 MW supplémentaires sur le réseau.

Le ras-le-bol des usagers face aux délestages

Le plan gouvernemental prévoit également d’autres interventions d’envergure, à commencer par Moramanga, où l’installation d’un transformateur de 25 MVA permettra de raccorder la centrale solaire locale et d’exploiter ses 5 MW de production. À Andekaleka, l’équipement actuel de 32 MVA sera remplacé par un modèle plus puissant de 42 MVA, une opération qui sera suivie par la livraison d’un autre appareil de 25 MVA en novembre. Enfin, le déploiement se joue aussi à l’international avec l’envoi d’une mission de techniciens en Afrique du Sud, chargée d’inspecter de nouveaux groupes électrogènes de 7 MW et 13 MW en cours d’acquisition.

Ces interventions visent à booster la capacité électrique durant la saison sèche, principale cause des délestages. D’après les données du ministère, le déficit de production a été réduit de moitié par rapport aux années précédentes. Il oscillerait entre 20 et 25 MW ce mois-ci, contre plus de 40 MW à la même période en 2024 et 2025.

Malgré ces signaux d’amélioration, les interruptions de service continuent de susciter une vive colère sur le Réseau interconnecté d’Antananarivo (RIA). « C’est un véritable coup de massue pour nous qui dépendons entièrement de l’électricité pour travailler », déplore un habitant d’Ampasika, un quartier particulièrement touché par les coupures.

Les autorités précisent toutefois que cet état d’urgence cible exclusivement l’électricité. « L’approvisionnement en carburants reste stable grâce aux stocks des terminaux et à l’arrivée d’un nouveau tanker programmée pour le 26 septembre », rassure notre source.

Une centrale flottante de 34 MW en vue

Une centrale électrique flottante pourrait prochainement être installée. La demande d’autorisation visant à engager en urgence les démarches nécessaires à sa mise en place a été approuvée en Conseil des ministres le week-end dernier.
D’une capacité de 34 MW, cette infrastructure doit permettre de renforcer rapidement l’approvisionnement en électricité et de réduire le déficit de production, en complément des autres projets prévus. Le projet est mené en partenariat avec la société Karpowership Global DMCC.

Miangaly Ralitera

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