Applications, agences, réseaux sociaux : acheter à l’étranger pour revendre à Madagascar n’est plus réservé aux grandes structures. Mais entre délais de 45 à 60 jours, coût du transport et qualité incertaine, la rentabilité est loin d’être garantie.
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| Des marchandises importées transitent par le port de Toamasina avant leur acheminement vers les revendeurs. |
DEPUIS quelques années, l’import-revente est devenu accessible aux particuliers à Madagascar. Jeunes ou salariés s’appuient sur des applications ou des agences pour commander des produits, principalement en Chine, avant de les écouler localement, souvent via les réseaux sociaux. Si la pratique permet de débuter avec des volumes réduits, elle impose aussi des contraintes financières, logistiques et qualitatives.
Pour s’approvisionner, deux options principales s’offrent aux acheteurs : effectuer directement leurs démarches sur des applications dédiées, ou faire appel à des agences intermédiaires gérant l’achat et le fret jusqu’à Madagascar. L’accès aux fournisseurs internationaux s’est ainsi démocratisé pour quiconque souhaite tester ce marché.
Une agence spécialisée confirme cet engouement : « Nous sommes installés depuis 2020, mais nous constatons ces derniers temps une forte hausse des demandes et un intérêt croissant pour l’importation », explique son responsable. Sa clientèle va du particulier commandant quelques pièces aux entreprises acheminant des volumes plus importants, acheminés notamment par le port de Toamasina.
Formations
Les réseaux sociaux servent également de tremplin aux débutants. Des formations y sont proposées dès 15 000 ariary pour apprendre à maîtriser le processus d’achat. Cependant, le secteur manque parfois de sérieux. « J’ai payé 30 000 ariary pour un module, mais après m’avoir fait attendre, on ne m’y a jamais donné accès », dénonce une participante.
Autre écueil : la qualité de la marchandise. Les photos et fiches descriptives ne garantissent pas toujours la conformité du produit final. « On commande parfois un peu à l’aveugle. Il est difficile de savoir exactement ce qu’on va recevoir », confirme Solonantenaina, revendeur.
À cela s’ajoute la gestion des délais et des coûts. L’agence partenaire indique qu’il faut compter généralement entre 45 et 60 jours d’acheminement. Le prix du transport varie selon le volume commandé : autant de paramètres à intégrer rigoureusement dans le calcul des marges et du prix final.
L’import-revente offre ainsi aux particuliers une porte d’entrée vers le commerce international sans nécessiter de lourdes structures. Mais si les opportunités se multiplient, la viabilité de l’activité repose sur une gestion stricte du choix des produits, des frais de transport et des délais de livraison.
Fanilo Mampianintsoa
