Après avoir ramené Madagascar en Groupe IV de la Coupe Davis, Rija Rajaobelina, capitaine, revient sur les coulisses d’une campagne marquée par les blessures, les imprévus et une solidarité sans faille.
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| Rija Rajaobelina, le capitaine des Akomba en Coupe Davis, brandit fièrement son maillot. |
Capitaine Rija Rajaobelina, vous affirmez que cette victoire est bien plus grande que les cinq joueurs. Pourquoi ?
Parce qu’elle est le fruit d’un travail collectif. On voit les joueurs sur le court, mais derrière eux, il y a la Fédération, le président, la direction technique nationale, les secrétaires généraux, les entraîneurs, les douze joueurs de la présélection, les familles et tous ceux qui nous ont soutenus. Cette montée en Groupe IV appartient à toute la famille du tennis malgache.
Avant le début de la compétition, vous avez pourtant confié à votre épouse : «Tacha, j’ai peur». Comment avez-vous réussi à transformer ce doute en force ?
Les trois mois de préparation ont été très éprouvants. Nous avons enchaîné les blessures, les contretemps administratifs et les imprévus. À un moment, j’ai compris qu’il fallait arrêter de penser à tout ce qui pouvait encore mal tourner. J’ai choisi de vivre pleinement cette aventure avec les joueurs et de profiter du privilège de représenter Madagascar. Cet état d’esprit nous a permis d’avancer un jour après l’autre.
Dès votre nomination, vous avez insisté sur la notion de reconstruction. Que vouliez-vous changer ?
Je ne voulais pas simplement constituer une équipe capable de monter en Groupe IV. Je souhaitais reconstruire une identité. Une équipe nationale doit fonctionner avec des critères clairs, des valeurs partagées et une vision à long terme. Une montée sans fondations peut rester un simple exploit. Nous voulions bâtir quelque chose de durable.
Quelle a été l’épreuve la plus difficile à surmonter durant cette campagne?
Ce n’est pas un événement en particulier, mais leur accumulation. Les blessures de Valentin et d’Antso, la non-qualification de Tovonirina pour des raisons administratives, les problèmes de logement, les délestages, les clés perdues, dormir sans climatiseur… À chaque fois, le groupe a refusé de se plaindre. Cette capacité d’adaptation a forgé notre caractère.
Maintenant que Madagascar retrouve le Groupe IV, quel est le prochain défi ?
La montée n’est pas une finalité. Maintenant qu’on est en Groupe IV, concernant cette équipe, la prochaine étape est de soutenir les projets individuels des jeunes joueurs comme Valentin, Tovonirina, Mirija et Mahery, d’encourager les anciens joueurs comme Antso et Jean Jacques à réussir à concilier vie professionnelle, contraintes familiales et passion pour la compétition, idem pour Lucas qui vient de commencer à coacher cette année, d’accélérer l’obtention du passeport de Johan et d’analyser les cas de nos champions aux États-Unis, Toky Ranaivo et Dylan Andrianaly, afin de faciliter leur circulation.
À titre personnel, dans le cadre du projet « Lanja Miakatra », on va prendre en charge une partie des deux projets de Valentin et Tovonirina. Concernant les anciens, on va étudier un projet d’« échange avec les expatriés » qui fera d’une pierre trois coups : garder les anciens motivés, former les cadres et les jeunes joueurs locaux et donner de la visibilité aux sponsors.
Donné Raherinjatovo
