SOUPÇONS D’ENLÈVEMENT - Les vindictes populaires se multiplient

Dans la capitale et le Vakinankaratra, des enlèvements présumés ont viré au lynchage. Deux suspects ont été tués.

Un malade mental, victime de rumeurs, a été brûlé vif jeudi 30 juillet à Dango, Faratsiho.

Parmi les dizaines d’individus accusés, à tort, d’être des ravisseurs d’enfants et lynchés par la foule, deux ont perdu la vie. L’un a été passé à tabac le 9 juillet à Tsaramasay, l’autre, avant-hier, sur le marché de Dango, à Faratsiho.

Ce dernier, un homme d’une trentaine d’années souffrant de troubles mentaux, a été brûlé vif après avoir été soupçonné d’avoir tenté de kidnapper un enfant de 6 ans. Ses proches et le comité local de sécurité ont pourtant confirmé qu’il ne s’agissait pas d’un ravisseur. Sur place, la cheffe du district, Alberthine Ravololotinarisoa, le député Nomenjanahary Ramilison et le maire Valohery Mampionona ont condamné cette justice expéditive et rappelé qu’ôter la vie à un individu constitue un crime.

Ces violences collectives s’ajoutent à une série d’incidents déclenchés par des rumeurs d’enlèvement. À Antsirabe, un enfant en pleurs, accompagné de sa sœur, a été pris pour une victime. La foule, prête à lyncher cette dernière, s’est rassemblée devant le commissariat d’Ambohimena. Leur mère est finalement intervenue pour confirmer qu’il s’agissait bien de sa fille, mettant fin à la confusion.

Confiance

Le commissaire divisionnaire de police Talily Damy, directeur régional de la Sécurité publique du Vakinankaratra, a expliqué que plusieurs signalements de tentatives d’enlèvement se sont finalement révélés être des malentendus ou des situations impliquant des personnes souffrant de troubles mentaux.

« À Vohijanahary, Betafo et Faratsiho, les individus désignés comme ravisseurs étaient des personnes souffrant de troubles mentaux », affirme le directeur. Il a également évoqué des cas de faux enlèvements, où certains simulaient leur propre rapt afin de soutirer de l’argent à leurs proches.

Tous ces événements font écho aux premiers cas de vindictes populaires survenus début juillet à Antananarivo, où des suspects ont été pris à partie par la foule. La Police nationale a réaffirmé que seule la justice est habilitée à trancher et que la propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux peut avoir des conséquences dramatiques.

La confiance envers les forces de l’ordre et le respect des procédures légales sont présentés comme les seules garanties pour protéger la société et éviter que la peur ne se transforme en violence.

Gustave Mparany

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne