RELIGION - Le père Solo Andriatsifa s’est éteint

Les catholiques pleurent la disparition du père Solo Andriatsifa Désiré Anatole, connu sous le nom de Baigny Dezy, l’une des grandes figures du cantique catholique à Madagascar.

Le révérend père Solo Andriatsifa Désiré recevant, de son vivant, ses droits  d’auteur à l’OMDA.

L’Église catholique apostolique romaine de Madagascar est en deuil. Le révérend père Solo Andriatsifa Désiré Anatole, connu sous le nom de Baigny Dezy, s’est éteint à l’âge de 89 ans. Il laisse un immense héritage musical et spirituel, porté par des chants qui accompagnent depuis plusieurs générations la prière et la liturgie catholiques.

Pendant plus de cinquante ans, Baigny Dezy a consacré sa vie à la musique sacrée et au service de l’Église catholique. Pour le groupe « Ankalazao ny Tompo », il était bien plus qu’un membre : il en était l’une des grandes figures, l’un des piliers du cantique catholique malgache et un véritable patriarche pour plusieurs générations de chanteurs.

Sa passion pour la musique est née dès son enfance. Il n’a cessé de l’approfondir au fil des années, y compris à l’étranger, notamment au Conservatoire de musique en France, enrichissant ainsi sa connaissance de la musique liturgique. Son parcours s’inscrit dans une histoire de transmission qui remonte notamment au travail des missionnaires, parmi lesquels Venance Manifatra, qui ont contribué à transmettre les connaissances musicales à Madagascar et à développer le cantique de dévotion. Il fut le deuxième membre d’Ankalazao ny Tompo à l’époque de Don Gilles, en 1972.

Baigny Dezy a ainsi puisé dans cet héritage pour construire son propre univers musical. Auteur-compositeur, il a contribué à enrichir considérablement le répertoire catholique et celui d’Ankalazao ny Tompo, Antsa Faravohitra, Antsa-Pideran’ny Lanitra ou APL. Ses compositions n’étaient pas seulement destinées à être chantées : elles étaient avant tout des prières, des témoignages de foi et des moyens de transmettre la Parole de Dieu.

Œuvres au service de Dieu

Parmi ses œuvres figurent notamment « Tsara ny mankalaza anao », « Ry Fanahy nomena anay », « Raha mibanjina ny lanitrao», « Tiako ny hiaraka Aminao Jesoa », « Matoa aho nijaly sy maty », « Mitsangana ka banjino » ou encore « Ry vahoaka voafidy ».

Même affaibli, Baigny Dezy est resté fidèle à Ankalazao ny Tompo. Il participait encore au camp de travail organisé à Amboara Ambohidratrimo lorsqu’il a dû partir, mardi dernier, pour recevoir des soins. Très diminué, il souhaitait néanmoins rester auprès de ses compagnons et continuer à prendre part, autant que possible, à cette œuvre qu’il considérait comme un service rendu à Dieu.

Sa dernière chanson enregistrée, « Embona sy tsiahy », destinée aux jeunes générations engagées au sein de l’équipe, apparaît aujourd’hui comme un véritable passage de flambeau. Avec la disparition du père Baigny Dezy, une page majeure de l’histoire de la musique sacrée catholique à Madagascar se tourne. Mais son œuvre continuera de vivre dans les églises, à travers les voix de ceux qui reprendront ses chants et transmettront à leur tour cet héritage.

Donné Raherinjatovo

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