EMPLOI - Maurice renforce le recrutement de travailleurs malgaches

Madagascar et Maurice veulent mieux encadrer la mobilité professionnelle pour répondre aux besoins croissants en main-d’œuvre et valoriser les compétences des travailleurs.

Autorités, investisseurs et organisateurs présents au Moris-Mada Business Connect Summit, hier au CCI Ivato.

La mobilité de la main-d’œuvre est un enjeu croissant de coopération entre Madagascar et Maurice. Présent hier au Centre de conférences international (CCI) Ivato à l’occasion du Moris-Mada Business Connect Summit, le ministre mauricien du Travail et des Relations industrielles, Muhammad Reza Cassam Uteem, a salué la contribution des travailleurs malgaches et plaidé pour un recrutement « régulier et digne ».

Selon le ministre mauricien, près de 10 000 Malgaches travaillent actuellement à Maurice, en majorité dans les secteurs du commerce, du textile et du tourisme. Face au vieillissement de la population active de l’île, celle-ci entend répondre à ses besoins croissants en main-d’œuvre. Madagascar, avec sa population jeune, constitue ainsi un vivier important. La demande de travailleurs malgaches, la plus importante après celle adressée à l’Inde et au Népal, devrait, selon lui, « s’accentuer ».

Cette mobilité doit toutefois être davantage encadrée. Le ministre a reconnu l’existence de cas d’exploitation de travailleurs malgaches, voire de traite humaine, et annoncé la volonté de renforcer le contrôle des agences de recrutement. En mars 2025, il avait déjà été indiqué devant l’Assemblée nationale qu’une partie des travailleurs en situation irrégulière était constituée de ressortissants malgaches et africains entrés à Maurice avec un visa touristique avant de travailler ou de dépasser la durée autorisée de séjour. Il a ainsi mis en garde contre les intermédiaires qui font payer les candidats ou leur promettent un emploi à Maurice avec un simple visa de vacances, et encouragé le gouvernement à faire de même.

Reconnaître les compétences

Le principe défendu est que les travailleurs disposent de leur permis de travail avant leur départ et bénéficient de conditions de rémunération et de travail équivalentes à celles des travailleurs mauriciens. L’objectif affiché est de garantir un parcours migratoire « professionnel, régulier et digne » aux travailleurs étrangers.

Au-delà du recrutement, la reconnaissance des compétences constitue un autre enjeu. Selon la Banque mondiale, 98,9 % des jeunes Malgaches en emploi exerçaient dans le secteur informel en 2022. Pour Maurice, la mise en place d’un système d’équivalence avec Madagascar permettrait de mieux identifier et certifier les compétences des candidats.

Électriciens, plombiers, maçons, aides-soignants ou machinistes figurent parmi les profils recherchés. Cette démarche pourrait ainsi favoriser une mobilité professionnelle plus structurée et valoriser des compétences aujourd’hui acquises, pour une large part, en dehors des circuits formels de formation.

Le recours aux travailleurs étrangers occupe déjà une place importante dans certains secteurs de l’économie mauricienne. Au premier trimestre 2026, Statistics Mauritius recensait 13 074 travailleurs étrangers dans les entreprises orientées vers l’exportation, contre 14 578 travailleurs mauriciens, soit près de 47 % des effectifs.

Tracy Possenti

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