REFONDATION - La SADC recommande une « gouvernance inclusive »

À Durban, la SADC réaffirme son soutien au processus de Refondation à Madagascar. Elle salue les démarches déjà engagées, tout en rappelant les principes devant guider la suite du processus. 

Photo de famille des chefs d’État et de gouvernement de la SADC, à l’issue  de la cérémonie d’ouverture du Sommet de Durban, lundi. 

Gouvernance inclusive. Ce terme figure dans la partie du communiqué concernant le dossier Madagascar, dans le communiqué du 46e Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), lundi.

À l’issue du rendez-vous de Durban, en Afrique du Sud, l’organisation régionale émet un signal favorable en direction de Madagascar. Le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, l’a noté face à la presse, hier, dans le salon d’honneur de l’aéroport d’Ivato. « Le précédent communiqué a été plus acerbe et a même suscité une polémique », déclare-t-il, faisant référence au communiqué du Sommet extraordinaire de la SADC concernant Madagascar, le 29 juin.

Au point 9 du communiqué, il est rapporté que « le Sommet a félicité la République de Madagascar pour les consultations constructives » menées sous l’égide de son Comité des sages, entre autres. Il affirme également « l’engagement de la SADC à soutenir le processus de Refondation et le programme de développement de Madagascar ». La missive y ajoute toutefois des principes qui, selon l’organisation régionale, devraient guider la suite du processus.

Il s’agit ici « de la promotion d’une gouvernance inclusive, d’institutions démocratiques, de la redevabilité, des droits de l’homme, de la participation citoyenne et du retour à la normalité constitutionnelle ». Depuis la publication du communiqué, le terme « gouvernance inclusive » cristallise l’attention des acteurs politiques et des observateurs. Il s’agit d’une notion qui revient souvent dans les communiqués et recommandations relatifs à une médiation de sortie de crise.

Dans l’arène politique, certains y lisent une recommandation pour élargir le cercle du pouvoir, ou même pour le partage du pouvoir entre les parties prenantes de la crise, voire entre les différentes tendances politiques. Un diplomate contacté indique qu’effectivement, si le terme « gouvernance inclusive » est lu sous l’angle purement politique,  « il pourrait impliquer un partage du pouvoir ».

Calme relatif

Le diplomate note toutefois que le sujet ne peut pas être réduit au cadre politique. Il attire ainsi l’attention sur l’agencement des principes qui devraient guider le processus de retour à la normalité constitutionnelle. « Le sens de gouvernance inclusive ici peut aller vers l’objectif d’une sortie de crise acceptée par toutes les composantes de la société et qui évite de nouvelles crises », explique-t-il.

Si, de prime abord, le terme « gouvernance inclusive » mène à l’idée d’une ouverture politique du pouvoir, le fait qu’il soit cité avec d’autres principes de sortie de crise « implique qu’il revêt une portée plus large », insiste le diplomate. L’idée serait alors de faire en sorte que toutes les composantes de la société soient partie prenante dans la définition de l’avenir politique et institutionnel du pays. Le terme peut aussi inviter les acteurs nationaux à se pencher sur les causes structurelles de la crise, comme la concentration du pouvoir, la faiblesse des contre-pouvoirs, les dysfonctionnements électoraux ou institutionnels.

Ce qui ramène à l’initiative de la concertation nationale. Devant constituer le socle inclusif du processus de refondation, la concertation nationale tarde pourtant à démarrer. Le terme « gouvernance inclusive », selon des publications sur la médiation de sortie de crise politique, invite aussi à appliquer le principe de la redevabilité. Une prise en considération des préoccupations de la population. « Redevabilité, droits de l’Homme, participation citoyenne » sont d’autant plus inscrits dans le point 9 du communiqué de la SADC.

Face à la presse, hier, à l’aéroport d’Ivato, le colonel Randrianirina a déclaré que le communiqué de l’organisation régionale « ne devrait pas faire l’objet d’interprétation», en ajoutant : « L’essentiel est que la SADC s’engage à soutenir la refondation. C’est sur la base de cette confiance de la SADC que nous allons conduire la refondation qui mènera vers les élections ». Le chef de l’État souligne que la Communauté de développement de l’Afrique australe « a confiance au fait que nous y parviendrons ».

Outre la suite du processus de refondation devant mener à un retour à la normalité constitutionnelle, l’organisation régionale souligne aussi l’importance de préserver « le calme relatif» dans le pays. Ici aussi, le choix du terme pourrait ne pas être anodin. Ainsi, le communiqué du Sommet des chefs d’État « exhorte les parties prenantes à Madagascar à préserver le calme relatif qui règne dans le pays et à privilégier la voie du dialogue pour exprimer leurs revendications».

Garry Fabrice Ranaivoson

2 Commentaires

  1. De quoi raviver les appétits de politicards loin d'être représentatifs . Cette gouvernance " inclusive " nous ramène à la médiation malsaine de Joaquim Chissano pour résoudre la crise de 2009 . La SADC n'e s'est pas défait de ses vieux démons ce qui va exciter davantage l'autre fugitif à Dubaï avec son obsession de revenir au pouvoir après avoir " appauvri " le peuple Malgache tout en ayant du sang sur les mains . La SADC devrait au contraire se réjouir des avancées du désir de changement des Malgaches avec l'évolution quasi positive de la situation politico- sociale de ce pays

    RépondreSupprimer
  2. Evolution positive depuis deux ans !!! Faudra demander au peuple malgache ce qu'il en pense vraiment. Une vie de plus en plus dure, telle est la vérité. Et l'insulteur de passer la main sur le dos : "tout va bien, tout est sous contrôle !!". Déni, diversion ,,, rien de tel pour satisfaire l'appétit de revanche de certains !!!

    RépondreSupprimer
Plus récente Plus ancienne