Madagascar participe au Sommet de la SADC, à Durban, en Afrique du Sud, dans une position inédite. Le pays devait y participer en qualité de président sortant de l’organisation, avant de renoncer à ce mandat à la suite de la crise de septembre 2025.
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| Photo de famille à l’issue de l’ouverture du Conseil des ministres de la SADC, mercredi. |
Inédite. Telle sera la position de Madagascar durant le 46e Sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), lundi. La Grande île devait y prendre part en tant que président sortant de l’organisation régionale. Toutefois, la crise politique de septembre et octobre 2025 a rebattu les cartes.
Élu à la présidence de l’organisation régionale lors du sommet organisé à Antananarivo, le 17 août 2025, le pays devait assurer la conduite de l’organisation jusqu’à la réunion de cette année. Mais la chute d’Andry Rajoelina, ancien président de la République, en octobre, a modifié le scénario. Dans un communiqué publié le 1er novembre, la présidence de la Refondation de la République a en effet annoncé que la Grande île se retirait de la présidence de la Communauté de développement de l’Afrique australe.
« Les autorités malgaches souhaitent concentrer leurs efforts sur la réalisation des étapes liées au processus de refondation du pays », est le motif avancé dans cette missive. Au-delà de l’acte politique, dans les faits, ce retrait a un impact concret. Durant le rendez-vous de Durban, Madagascar ne se présente plus comme le pays chargé de conduire les travaux de l’organisation, mais comme un État dont l’évolution de la transition est suivie de près par ses partenaires régionaux.
Le thème de ce 46e Sommet de la SADC est pourtant dans la continuité de celui d’Antananarivo, l’année dernière. Les débats à Durban porteront ainsi sur le thème : « Une industrialisation résiliente, durable et inclusive par le développement des infrastructures, la transformation agricole et la valorisation des minerais critiques, pour un monde plus équitable ».
Sauf changement, le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, sera de la partie à Durban. Il s’agira de sa première participation, en présentiel, à un Sommet de la SADC. Il a déjà pris part à des Sommets extraordinaires, mais par visioconférence. Ce sera l’occasion d’observer, en filigrane, les relations de Madagascar avec l’organisation régionale, et celle de l’officier supérieur avec ses pairs. Si elle est suspendue des activités de l’Union africaine, la Grande île prend part pleinement aux travaux de la SADC.
Une occasion de clarification
Alice N’Diaye, ministre des Affaires étrangères, est présente à Durban depuis le début de la semaine et participe aux travaux préliminaires au Sommet, notamment, au Conseil des ministres de l’organisation. Néanmoins, comme indiqué précédemment, les instances de la SADC suivent de près l’évolution de la situation politique dans le pays. Le dernier Sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe, le 30 juin, a justement porté sur le dossier Madagascar.
« Les dirigeants examineront la situation politique et sécuritaire à Madagascar, en s’appuyant sur le rapport de l’Organe de coopération politique, de défense et de sécurité», a rapporté le communiqué annonçant la tenue de ce Sommet extraordinaire de fin juin. La missive qui a découlé de ce rendez-vous impromptu a engendré une levée de boucliers de la part des tenants du pouvoir et de leurs partisans.
La demande de « libération des détenus politiques », le retour au pays des « exilés politiques » et la question de l’inclusivité du processus de concertation nationale ont suscité de vives réactions de la part des décideurs étatiques. Il y a aussi la question du respect du chronogramme de la Refondation. Un planning inscrit dans le document remis à l’organisation régionale le 28 février, et qui prévoit les différentes étapes qui mèneront jusqu’à une élection ou au référendum constitutionnel et une présidentielle avant fin 2027.
En visite à Madagascar durant le courant de la semaine, Moussa Saleh Batraki, secrétaire général de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), a rencontré le colonel Randrianirina, au palais d’Ambohitsorohitra. À l’issue de cet entretien, il a indiqué que « le retard sur le calendrier [de la Refondation] » a été abordé avec le chef de l’État.
Selon les échos des travaux préliminaires du Sommet de Durban, le dossier Madagascar ne sera pas expressément inscrit à l’ordre du jour des débats entre les chefs d’État et de gouvernement, jusqu’à présent. Au regard du sommaire publié sur le site web de la SADC, les discussions entre les chefs d’État et de gouvernement devraient se concentrer autour du thème central du Sommet. Néanmoins, pour Madagascar, l’enjeu sera de transformer la participation à ce rendez-vous en une occasion de clarification.
Dimanche, de plus, une réunion de la Troïka du Sommet de l’Organe de la SADC chargé de la coopération en matière de politique, défense et de sécurité, précédera le Sommet des chefs d’État et de gouvernement. Il s’agit de l’entité chargée de la prévention et de la résolution des conflits, de déployer des missions de médiation, d’observation électorale ou de maintien de la paix lors de crises politiques ou d’instabilité au sein de la région.
Garry Fabrice Ranaivoson

L'international ne fera jamais de cadeau si la refondation n'est pas synonyme, dans les plus brefs délais de Démocratie ! Alors, on fait quoi ???
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