MUSIQUE - Les fanfaristes se professionnalisent

Les fanfaristes réunis à l’Ivokolo Analakely.

Les fanfaristes malgaches se regroupent pour donner un nouveau cadre à leur métier. Mardi, à l’Ivokolo Analakely, le Vovonan’ny Mpitsoka Mozika a officiellement présenté sa création, avec déjà soixante-dix groupes issus principalement des Hautes Terres, mais aussi du Vakinankaratra, de l’Amoron’i Mania, du Bongolava et de l’Androy. La plateforme compte également huit musiciennes.

La professionnalisation constitue sa principale priorité. Des formations en lecture de notes, pratique instrumentale, entretien et fabrication d’instruments ainsi qu’en composition musicale sont envisagées. Le collectif souhaite également harmoniser les contrats de prestation pour les mariages, famadihana et autres événements.

Le coût des instruments reste un obstacle majeur. Une trompette de bonne marque peut atteindre 1,5 million d’ariary, poussant les membres à solliciter l’appui de l’État pour faciliter leur importation. « Il est difficile de vivre pleinement de cet art », souligne Iavoko Ramanitrarivo, responsable de la communication interne et presse de Star, en raison notamment du caractère saisonnier des activités : les contrats se concentrent durant la saison sèche, tandis que la saison des pluies est consacrée à l’agriculture et à l’élevage.

Le collectif ambitionne aussi de représenter Madagascar à l’international et de créer chaque année un « Festival Mozika Be », avec des formations à la trompette et des échanges d’expériences. L’Ofnac (Office national des arts et de la culture) salue cette initiative et prévoit une collaboration avec l’Académie nationale des arts et de la culture pour la formation. L’adhésion à l’Omda (Office malgache des droits d’auteur) est également encouragée afin que les artistes puissent bénéficier des droits qui leur reviennent.

Cassie Ramiandrasoa

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