Le vendredi 31 juillet a marqué le lancement du premier « vendredi traditionnel » dans l’administration. Certains agents de l’État s’y sont conformés.
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| Des fonctionnaires fiers de leurs tenues traditionnelles. |
Le code vestimentaire traditionnel s’installe progressivement dans l’administration publique. Plusieurs agents de l’État ont rejoint leurs bureaux vêtus de tenues traditionnelles, vendredi, en application du décret adopté en Conseil des ministres le 17 juillet. Des hommes portaient un malabary, une chemise et un pantalon en tissu soga, un chapeau de paille, un lamba ; certains avaient simplement revêtu un lamba sur leur costume.
Les femmes, quant à elles, portaient un lambahoany, une robe en tissu soga ou en soie sauvage, assortie d’un chapeau et/ou d’un lamba en soie. « C’est un peu bizarre de porter cette tenue. Les gens vous regardent avec curiosité. Il faudra sûrement du temps pour que tout le monde s’y habitue », indique Hery Rakotomanana, un agent de l’État qui portait un malabary, un lamba et un chapeau, vendredi dernier. Cette tenue a représenté un investissement conséquent pour cet agent. « Mon malabary a coûté 35 000 ariary, le lamba 55 000 ariary et le chapeau 15 000 ariary », poursuit-il.
Les tenues traditionnelles représentent un coût important pour de nombreux fonctionnaires. Haro Ramiandrisoa n’avait pas prévu cette dépense dans son budget mensuel. Habituée à acheter des vêtements de travail à petit prix dans les friperies, elle voit dans cette mesure une contrainte financière.
Pas de retombées
« Une simple robe en soga coûte au moins 60 000 ariary, une chemise 50 000 ariary et un ensemble pour homme 75 000 ariary. Mon mari et moi sommes tous deux fonctionnaires, et cette dépense non prévue pèse lourdement sur notre budget mensuel. En plus, on doit acheter plusieurs tenues, car on ne va pas porter les mêmes tous les vendredis », explique-t-elle. Ni elle ni son mari ne possèdent encore de tenue traditionnelle.
À l’instar de ce couple, de nombreux agents ne portaient pas de tenue traditionnelle vendredi.
« Comme il n’y a pas encore de consignes précises sur le port de la tenue traditionnelle dans notre département, je n’en ai pas mis », confie une autre fonctionnaire. Elle envisage de faire confectionner ses tenues sur mesure par sa couturière.
Chez les vendeurs de tenues traditionnelles, les ventes peinent encore à décoller. « L’obligation de porter une tenue traditionnelle n’a pas encore de retombées pour nous. La clientèle reste très rare et nous ne pouvons pas savoir si les rares acheteurs sont des agents de l’État ou de simples particuliers », indique Dina Randriamihaja, fondateur de l’entreprise Fitafy Gasy, spécialisée dans les tenues traditionnelles.
Le décret du 17 juillet instaure le port de la tenue traditionnelle chaque vendredi. « Traditionnel ou modernisé, cet habit doit refléter le patrimoine culturel et la diversité des régions malgaches. »
Miangaly Ralitera
