BACCALAURÉAT - Le seuil d’admission abaissé à 9,75 sur 20

Les membres du jury et les correcteurs de l’examen du baccalauréat à Antananarivo ont délibéré, jeudi, sur le seuil d’admission. Les candidats connaîtront les résultats ce week-end.

Des candidats à l’examen du baccalauréat, session 2026.

Le jury a abaissé le seuil d’admission au baccalauréat à Antananarivo. La note de délibération a été fixée à 9,75 sur 20 pour cette session 2026, contre 10 sur 20 en 2025. « La note de 9,75 a été retenue après de longs et vifs débats », rapportent des correcteurs.

Les enseignants de l’université d’Antananarivo et les correcteurs, essentiellement des enseignants de lycée, qui composent le jury, ont peiné à trouver un accord. Les universitaires préconisaient de maintenir le seuil à 10 sur 20. Pendant « près d’une heure », ils ont tenté de faire valoir auprès de l’assemblée l’importance de conserver cette moyenne, estimant qu’elle contribuerait à préserver le niveau des étudiants à l’université.

Les enseignants-correcteurs ont, quant à eux, défendu un seuil de réussite légèrement inférieur à la moyenne de 10 sur 20. « De nombreux paramètres ont été pris en compte. Par exemple, les futurs bacheliers ne vont pas obligatoirement suivre des études à l’université. Par ailleurs, les bacheliers d’Antananarivo ne seront pas les seuls à choisir l’université d’Antananarivo : ceux des autres provinces, où la note de délibération était de 9,75, viendront eux aussi y concourir », expliquent des enseignants. Un vote à main levée a finalement tranché.

Le taux de réussite résultant de ce seuil s’élèverait à 51 %, selon plusieurs correcteurs, une estimation également avancée par une source auprès de l’université d’Antananarivo. L’Office du baccalauréat n’a toutefois pas confirmé ce chiffre, précisant que les données officielles ne seront publiées que samedi.

Faibles qualifications

S’il était confirmé, ce résultat serait en hausse par rapport à l’année dernière, lorsque le taux de réussite s’établissait à 47 %, avec un seuil fixé à 10 sur 20. Il resterait cependant inférieur à ceux enregistrés en 2023 et en 2024, années durant lesquelles la note de délibération était également de 9,75 sur 20. Le taux de réussite avait atteint 57 % en 2023 et 56 % en 2024. Des correcteurs jugent le niveau général des candidats faible. « Beaucoup ont obtenu de mauvaises notes, notamment dans les matières scientifiques », indique l’une de nos sources.

Plusieurs facteurs sont avancés pour expliquer cette évolution. Ces dernières années, le rythme scolaire a été régulièrement perturbé, parfois pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, en raison d’épidémies, de cyclones, d’intempéries ou, plus récemment, de crises politiques.

La qualification des enseignants constitue également l’une des difficultés du système éducatif. Selon le rapport de conjoncture économique 2022 de la Banque mondiale, les enseignants, en particulier ceux exerçant au niveau communautaire, disposent généralement de faibles qualifications académiques. Près de 80 % d’entre eux ne disposeraient pas d’un diplôme adéquat. « Sans enseignant qualifié, il n’y aura pas d’éducation de qualité », avait déclaré Christine Jaulmes, représentante résidente de l’Unicef.

À ces difficultés s’ajoutent le manque de matériel pédagogique, les effectifs élevés dans les classes, l’insuffisance du nombre d’enseignants, ainsi que le manque d’ouvrages scolaires et de laboratoires permettant aux élèves de mettre en pratique leurs connaissances. Des enseignants s’inquiètent également du recours croissant à l’intelligence artificielle par les élèves. « Cette évolution les prive d’esprit critique, car ils se contentent souvent de copier-coller », estiment-ils. L’évolution des résultats au baccalauréat alimente ainsi les interrogations sur les faiblesses persistantes du système éducatif.

Miangaly Ralitera

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