CONCERTATION NATIONALE - Les responsables brisent le silence

Après plusieurs semaines d’attente, le processus de concertation nationale entre dans une phase plus concrète. Le Premier ministre et le FFKM commencent à préciser les premières étapes d’un chantier destiné à préparer la refondation institutionnelle.

Photo de la réunion du Comité technique chargé  de la concertation nationale, à Mahazoarivo, hier.

Le processus se précise. Après une longue période d’attente autour de la concertation nationale, les responsables commencent à donner des indications sur son démarrage. Hier, au palais d’État de Mahazoarivo, le Comité technique chargé de la concertation, sous la houlette de Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, s’est réuni pour la première fois.

Cette réunion est présentée comme une première étape opérationnelle de la concertation nationale. Selon les explications du locataire de Mahazoarivo, à l’issue de la réunion d’hier, le Comité assure le suivi de la concertation en lien avec le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), notamment le respect de son calendrier et de ses différentes étapes.

Toujours d’après Mamitiana Rajaonarison, le Comité lui transmet les conclusions issues de la concertation nationale « et veille ensuite au suivi de leur mise en œuvre par le gouvernement dans le cadre de la Refondation ». Il réunit des représentants des jeunes issus de chaque province, de la société civile, des autorités traditionnelles, du secteur privé et des entités religieuses. En parallèle, le FFKM a également commencé à préciser son dispositif.

Hier après-midi, le Conseil œcuménique a publié, sur sa page Facebook, une invitation à un culte œcuménique destiné à inaugurer le siège depuis lequel il pilotera la concertation. La cérémonie sera également l’occasion de présenter le coordonnateur national ainsi que les différentes étapes prévues du processus. Une source proche du dossier indique que l’ensemble des parties prenantes de la concertation nationale doivent tenir une réunion ce jour, en prélude à l’événement prévu mardi.

Cette réunion préalable doit également permettre de présenter le coordonnateur national aux différentes parties prenantes chargées de l’organisation et de la conduite de la concertation. Sauf changement, le culte œcuménique de mardi devrait ainsi marquer le lancement effectif du processus. Une étape qui intervient toutefois avec près d’un mois de retard par rapport au calendrier initial annoncé par le FFKM le 21 juin.

Un calendrier serré

L’objectif affiché par le FFKM, le 21 juin, était notamment de démarrer les consultations à la base, au niveau des fokontany, dès le mois d’août, avant de faire remonter progressivement les propositions jusqu’au niveau national. Ce décalage intervient alors que le calendrier constitue déjà une contrainte pour le processus de Refondation.

Le chronogramme de la Refondation prévoit en effet une première échéance électorale entre mai et juillet 2027. Il devrait s’agir d’un référendum ou d’une élection constitutionnelle, selon l’option retenue. Or, la concertation nationale doit notamment contribuer à faire émerger le ou les projets de Constitution qui seront ensuite soumis au vote de la population. Son calendrier est donc étroitement lié à celui de la Refondation, prévue sur une période de vingt-quatre mois à compter de janvier.

Tout nouveau décalage pourrait, à terme, peser sur les échéances électorales prévues avant la fin de l’année 2027. Outre le référendum ou l’élection constitutionnelle, une élection présidentielle doit également être organisée. À son retour du sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), mardi, le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, a affirmé que les élections auraient lieu en 2027.

Le locataire d’Iavoloha a également indiqué que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) serait prête à organiser des élections à partir de juillet 2027, une fois la refonte de la liste électorale achevée. Il a par ailleurs apporté des précisions sur les consultations politiques qu’il mène actuellement. Selon ses explications, celles-ci viennent appuyer une initiative similaire de la Ceni afin de parvenir à un consensus sur la gouvernance électorale.

L’objectif affiché est d’avancer vers les élections et d’éviter une prolongation de la transition. Cette initiative, menée parallèlement à la concertation nationale, pourrait permettre de dissocier, au moins en partie, les discussions consacrées aux élections de celles portant sur l’élaboration de la nouvelle Constitution.

Cette distinction pourrait se révéler déterminante au regard du calendrier. Tandis que le FFKM et le Comité technique doivent désormais lancer la concertation nationale, la Ceni peut, de son côté, poursuivre les travaux relatifs au processus électoral. Une organisation parallèle qui vise à limiter les effets du retard pris dans la concertation sur les autres échéances de la Refondation.

Garry Fabrice Ranaivoson

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