Hier, une dizaine d’acteurs, composée à 90 % de jeunes, a porté Ny fireneko sur scène dans le cadre de la célébration des 60 ans et des 35 ans de carrière artistique de Solohery Ramamonjy, président du Tropy Antananarivo Teatra. Destinée en priorité aux étudiants, mais aussi aux autorités politiques, la pièce sensibilise le public au rôle de la jeunesse dans le développement de Madagascar.
Pour Solohery Ramamonjy, le message est clair. « Les étudiants constituent notre principale cible, car la fuite des cerveaux est l’un des plus grands freins au développement de notre pays. Nous voulons conscientiser les jeunes : ils ont une immense responsabilité, car ce sont eux qui prendront le relais. Nous nous adressons également aux autorités politiques, car il faut une véritable volonté politique», explique-t-il.
La pièce raconte l’histoire de Rasamy, qui sombre presque dans la folie après avoir retrouvé son enfant, installé à l’étranger et prêt à y construire sa vie. En prenant conscience de la souffrance de son père, l’enfant comprend les conséquences de son départ. À travers ce récit, Ny Fireneko délivre un message fort : pourquoi abandonner son pays alors qu’il est encore possible de contribuer à son développement ? L’amour de la patrie en constitue le fil conducteur.
L’œuvre interroge également un système éducatif largement inspiré de modèles étrangers et regrette que la culture malgache ne soit pas suffisamment valorisée. Cette réflexion est renforcée par un poème de Rado consacré à la préservation de la langue et de l’identité malgaches.
Fidèle au texte d’origine, la troupe répète chaque week-end afin de restituer l’esprit des années 1950. La pièce est ponctuée de treize chansons, dont Isika olombelona nofo, Misy izay zanako izay et Mijaly i Kiaky sy i Neny, composées par Ramanda Albert et Rabarinjaka Henri.
Le projet poursuivra sa mission de promotion de l’art malgache avec une nouvelle manifestation prévue en novembre. À la fin de chaque représentation, les artistes rappellent au public une leçon essentielle : aimer son pays et son patrimoine culturel, car personne d’autre ne préservera la culture malgache à la place des Malgaches.
Cassie Ramiandrasoa