ROMUALD RAKOTONDRABE (ANCIEN COACH DES BAREA) - « Essayons avec les joueurs locaux »

L’ancien sélectionneur des Barea, Romuald Félix Rakotondrabe, apporte son analyse et ses points de vue après avoir suivi pendant plus d’un mois la Coupe du monde.

Le  coach Romuald Félix  Rakotondrabe.

Quelles leçons peut-on tirer pour nos Barea qui avaient échoué aux portes des barrages des qualifications ?

Je ne suis pas là pour donner des leçons. La Coupe du monde a démontré un niveau tactique et technique très élevé. Nous n’avons pas assez d’expatriés de très haut niveau en D1 ou, pire, en D2. Je pense qu’il est temps de sélectionner et de confier la mission aux joueurs locaux bien préparés physiquement et mentalement. De plus, une partie de nos expatriés sont déjà âgés, alors qu’on n’en trouve pas, pour l’instant, la relève ayant le niveau requis. Pourquoi on n’essaie pas de préparer les joueurs locaux, surtout en cette période post-saison ? Nous avons des techniciens qui pourraient assurer l’encadrement. On peut les regrouper et les surveiller de près pendant une quinzaine. Les techniciens n’ont d’habitude pas le temps ni les moyens pour suivre de près l’évolution et la forme des expatriés, et ils n’ont que deux ou trois jours pour se préparer avec le groupe, contrairement au cas des locaux. La forme du moment est très importante en football.

Comment trouvez-vous le niveau des Européens et des Américains du Sud ?

Ils ont un niveau très élevé tactiquement. Selon mon pronostic, la France pouvait atteindre la finale ou même remporter la Coupe, mais ses joueurs avaient été verrouillés par l’Espagne en demi-finale. Les Mbappé, Dembélé ou Barcola... n’étaient pas efficaces. Ils étaient maîtrisés par les Espagnols. C’était une victoire logique et méritée pour l’Espagne. C’était aussi le cas pour l’Argentine face à l’Espagne en finale. Les statistiques avaient montré zéro tir pour l’Argentine, qui est une équipe formée par de très grands joueurs de haut niveau. L’Espagne a été supérieure tactiquement, techniquement et mentalement.

Quel est votre point de vue sur le parcours des nations d’Afrique ?

Les sélections africaines montrent de réels progrès, mais elles ont encore du mal à franchir un cap. Elles sont arrivées à rivaliser avec de grandes équipes d’Europe ou d’Amérique latine, mais elles se relâchaient à la fin du match ou dans le temps additionnel, comme le cas de l’Égypte ou du Cap-Vert... Les joueurs ne géraient pas comme il faut la fin du match. Je constatais un manque de concentration et un relâchement, et ils se contentaient des acquis avant le coup de sifflet final. Il y avait aussi un souci tactique. Et c’était d’ailleurs le cas de l’Angleterre face à l’Argentine en demi-finale, qui optait pour un système en bloc très bas. C’était une question de détail et de rigueur.

Vous étiez sollicité pour prendre en main Disciples FC, selon les bruits de couloir. Que s’est-il vraiment passé ?

Je vais droit au but. Je n’ai jamais été appelé par les dirigeants du club. C’était une rumeur pour me salir. C’est la vérité et je n’ai rien à cacher concernant ce sujet. Je n’ai eu aucun entretien ou quoi que ce soit avec le président. À ce jour, je n’ai aucun accord avec un club. On verra demain, rien d’officiel pour le moment.

Serge Rasanda

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