GOUVERNANCE - La lutte contre le blanchiment de capitaux passe un test

Des experts venus évaluer la progression de Madagascar dans la lutte contre le blanchiment de capitaux.

Madagascar entre dans le dur. Le pays est soumis depuis lundi à une évaluation mutuelle de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. La cérémonie d’ouverture s’est tenue à l’hôtel Radisson Blu à Ambodivona, sous la présidence de Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre. Pour trois semaines, des experts de l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), venus de Zambie, du Rwanda, du Kenya, de Maurice et d’Afrique du Sud, vont passer au peigne fin les institutions malgaches.

Le Chef du Gouvernement a insisté sur les enjeux. « De nombreux efforts ont déjà été déployés et cette évaluation était attendue depuis longtemps», a-t-il souligné. Pour lui, cette évaluation doit avoir « un effet positif pour Madagascar ». Le gouvernement met en avant les avancées: une nouvelle loi sur le blanchiment de capitaux déjà votée par l’Assemblée nationale et actuellement au HCC. Le Premier ministre a rappelé que l’État est « investi pleinement» dans cette lutte, citant sa propre nomination comme preuve de cette volonté.

Cette 3e phase d’évaluation vise à mesurer si Madagascar sait prévenir, détecter, enquêter et sanctionner ces crimes, conformément aux standards internationaux. Au-delà de la technique, l’enjeu est diplomatique et économique. Réussir cette évaluation, c’est renforcer l’intégrité du système financier national et rassurer les partenaires sur la crédibilité et l’attractivité de Madagascar. Les conclusions des experts de l’ESAAMLG sont attendues le 30 juillet.

Ihariana Sarobidy 

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