Madagascar prépare une stratégie nationale pour mieux gérer son espace maritime, entre enjeux de sécurité, de souveraineté et de développement économique.
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| Les personnalités et partenaires institutionnels, à l’ouverture de l’atelier sur la gouvernance maritime. |
Madagascar entend faire de son espace maritime un véritable levier de développement et de souveraineté. C’est dans cette optique qu’a été ouvert, hier, au Centre de fusion d’information maritime (CFIM) à Ankaditoho-Soanierana, un atelier national consacré à la gouvernance et à la sécurité maritimes. Organisée jusqu’à vendredi, cette rencontre vise à mieux coordonner l’action de l’État en mer et à élaborer une feuille de route destinée à renforcer la gouvernance, la sécurité et le développement des espaces maritimes du pays.
D’entrée, Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, a dressé un constat sans détour. « L’armée marine ne possède pas de navire de guerre, notre dispositif de surveillance reste très fragile », a-t-il déclaré.
Avec plus d’un million de kilomètres carrés d’espace maritime, une zone économique exclusive et près de 5 600 kilomètres de côtes, Madagascar possède pourtant un potentiel considérable. Longtemps relégué au second plan par rapport aux ressources terrestres, cet espace constitue un secteur stratégique que le gouvernement souhaite désormais placer au cœur de ses priorités. « L’une des réformes les plus importantes concerne précisément la gouvernance de notre espace maritime », a souligné le chef du gouvernement.
Renforcement de capacité nationale
Le gouvernement entend adopter une approche à la fois économique et sécuritaire, considérant l’économie bleue comme « un moteur de croissance capable de créer plus de 300 000 emplois » grâce à une meilleure valorisation des ressources marines.
L’espace maritime malgache regorge en effet de ressources halieutiques, minières et énergétiques. Toutefois, il demeure confronté à de nombreuses menaces, notamment la pêche illicite, les trafics transnationaux et la pollution marine, qui compromettent son exploitation durable.
Faute de moyens suffisants, le pays dépend encore largement de ses partenaires internationaux pour assurer la sécurité de ses eaux. « Si cette question est réellement prioritaire, nous devons trouver les moyens d’acquérir nos propres navires », affirme le Premier ministre, soulignant que le renforcement de la souveraineté maritime passe par des capacités nationales de surveillance et d’intervention.
Dans cette perspective, Ely Razafitombo, ministre des Forces armées, a indiqué que « des politiques de modernisation et d’équipement de la marine nationale sont déjà en cours de mise en œuvre ». Ces efforts bénéficient notamment de l’appui financier et logistique de l’Union européenne, à travers le projet EU CRIMARIO, ainsi que de la Commission de l’océan Indien. Ces partenariats visent à améliorer les capacités opérationnelles de la marine malgache et à renforcer la sécurité dans les espaces maritimes du pays.
Ihariana Sarobidy
