DIALOGUE POLITIQUE - Le palais d’Iavoloha reçoit deux anciens chefs d’État

Le colonel Michaël Randrianirina a reçu hier à Iavoloha les anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina. Au cœur des échanges, la mise en place d’un Conseil constitutionnel crédible.

Le colonel Michaël Randrianirina en compagnie des anciens présidents de la République  Hery Rajaonarimampianina et Marc Ravalomanana (de g. à dr.) à Iavoloha, hier.

Sans Conseil constitutionnel, la Refondation restera boiteuse. C’est pourquoi, hier à Iavoloha, le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation, a reçu les deux anciens présidents Marc Ravalomanana et Hery Rajaonarimampianina. Pas pour une photo, mais pour parler institutions. Le président de la Refondation veut boucler le dossier le plus sensible de la transition : la mise en place d’un Conseil constitutionnel crédible.

« À l’image des autres démocraties, Madagascar a besoin d’un Conseil constitutionnel pour valider les lois et arbitrer les crises », indique un communiqué de la présidence. Or, ce vide juridique pèse déjà sur chaque décision. En consultant Ravalomanana et Rajaonarimampianina, le président de la Refondation cherche deux choses : de l’expérience et de la légitimité.

Le parti politique « Tiako I Madagasikara » (TIM) de Ravalomanana défend la logique populaire : le Conseil doit garantir le respect du vote et un calendrier électoral clair. 

Quant au parti « Hery Vaovao ho an’i Madagasikara » (HVM) de Rajaonarimampianina, il mise sur la stabilité. Il plaide pour un organe indépendant, solide juridiquement, qui sécurise la transition sans la paralyser.

Aucune décision

En les associant, le président de la Refondation veut éviter que le futur Conseil ne soit perçu comme l’outil d’un seul camp. Il veut aussi désamorcer à l’avance les contestations des partis TIM et HVM.

La discussion a été « franche et constructive ». Aucune décision n’a été prise. Mais le message est passé : la composition et le mode de désignation du Conseil constitutionnel seront le vrai test de cette consultation. Sera-ce un consensus ou un simple geste symbolique ? La réponse se jouera dans les semaines à venir.

Ihariana Sarobidy

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