Deux hommes armés ont attaqué le domicile d’une trésorière d’une institution de microfinance à Toamasina. Sa nièce, âgée de 12 ans, a été mortellement atteinte par balle.
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| La maison de la famille victime de l’attaque à Toamasina, construite en bois, en tôle et en bambou. |
L’insécurité a coûté la vie à une adolescente de 12 ans à Toamasina. Samedi, vers 19 h 30, Soaline a été abattue à son domicile, situé dans le quartier de Mangarivotra Atsimo, parcelle 21/53, lors d’une attaque perpétrée par deux hommes armés.
La fillette vivait chez sa tante, sœur de son père, au sein d’une famille modeste. Sa mère l’avait abandonnée à la naissance et son père travaillait à Ifito, dans le district de Toamasina II.
La tante raconte : « Nous venions de terminer le dîner. Je suis sortie dans la cour quand deux hommes sont arrivés. Ils m’ont poussée à l’intérieur en disant : “Donnez l’argent que vous avez.” J’ai répondu que nous n’avions pas d’argent. Ils se sont énervés et, comme ils n’ont rien trouvé, ils ont tiré sur l’enfant. »
L’oncle, chauffeur de camion, décrit le déroulement de l’attaque. « L’un d’eux m’a braqué un pistolet artisanal sur le cou et m’a ordonné de m’agenouiller. L’autre tenait un couteau sous la gorge de ma femme. J’ai répété qu’il n’y avait pas d’argent chez nous. Quand une voisine a crié au secours, ils ont fouillé un sac près du téléviseur. Il ne contenait qu’un CD. Alors que je relevais la tête, un coup de feu est parti. Tirée à bout portant, la balle a atteint Soaline à la tête. Elle est décédée sur le coup. »
Caisse de microfinance
Les agresseurs ont opéré à visage découvert. L’un d’eux portait une chemise à rayures et à carreaux. Selon les témoignages, ils affirmaient avoir été envoyés pour récupérer une somme d’argent. La tante, trésorière de la caisse féminine d’une institution de microfinance, explique que des fonds avaient transité par son domicile deux jours auparavant avant d’être remis à l’établissement. « J’avais déjà versé la totalité de la somme. Dans la soirée, les bandits sont venus en disant qu’on m’avait confié de l’argent. Mais il n’y avait plus rien chez moi. »
Ce n’était pas la première fois que la fillette était prise pour cible. Le 12 mars, elle avait été enlevée par six femmes du voisinage et retenue pendant trois jours avant d’être libérée. « Elles ont toutes été arrêtées, mais le procès se fait toujours attendre », précise la tante.
Le père de Soaline n’a pu rejoindre sa famille que ce lundi, jour des obsèques de sa fille. L’adolescente devait passer les épreuves du CEPE il y a deux semaines, mais n’avait finalement pas pu s’y présenter.
Gustave Mparany
