MUSIQUE - Bandy Baraka fait rayonner les chansons malgaches

Premier Big Band de Madagascar et l’un des rares de l’océan Indien, Bandy Baraka Big Band s’est donné pour mission de porter le patrimoine musical malgache vers de nouveaux horizons grâce à l’écriture orchestrale.

Bandy Baraka Big Band, une formation pionnière d’artistes.

Transformer les grandes chansons malgaches en œuvres orchestrales capables de séduire les scènes internationales : telle est l’ambition de Bandy Baraka Big Band. Cette formation unique, reconnue comme le premier Big Band de Madagascar et l’une des rares structures répondant aux standards de ce type dans l’océan Indien, œuvre depuis plusieurs années à la valorisation du patrimoine musical national.

L’histoire débute en 2014 sous l’impulsion du musicien et arrangeur Seta Ramaroson. À ses débuts, le groupe réunit ponctuellement des musiciens professionnels autour de différents projets artistiques avant d’adopter officiellement le statut d’association en 2022. Aujourd’hui présidée par Mahefa Rakotoarisoa, la formation rassemble près de vingt-cinq membres.

Son nom reflète d’ailleurs son identité. «Bandy» évoque la camaraderie, l’amitié et l’esprit de partage qui unissent les musiciens. «Baraka» symbolise la fierté, l’honneur et les valeurs que l’association souhaite préserver à travers son travail artistique. D’un simple groupe d’amis passionnés, Bandy Baraka est devenu une véritable institution musicale.

Tests

L’orchestre est composé de cinq saxophonistes, quatre trompettistes, quatre trombonistes, ainsi qu’une section rythmique réunissant piano, orgue, guitare, basse et batterie. Seta Ramaroson assure la direction artistique et technique de l’ensemble. Les musiciens sont recrutés selon des critères exigeants. À l’origine, la majorité provenait des élèves de Seta Ramaroson et des milieux musicaux liés à l’Église FJKM. Par la suite, les nouvelles recrues ont été sélectionnées à travers des tests portant notamment sur la maîtrise du solfège et du solfège jazz, garantissant un niveau technique élevé au sein de la formation.

« Nous voulons faire découvrir le format Big Band à travers la culture malgache et nos chansons », explique Mahefa Rakotoarisoa. L’objectif est de bâtir des passerelles entre les standards internationaux du Big Band et les richesses musicales de Madagascar.

Contrairement aux formations de jazz classiques, où l’improvisation occupe souvent une place centrale, le Big Band repose sur une écriture rigoureuse. Chaque instrument dispose d’une partition précise et chaque arrangement est minutieusement élaboré avant d’être interprété. Si des espaces d’improvisation subsistent, ils restent intégrés à une architecture musicale soigneusement construite. Cette exigence représente l’une des principales particularités du groupe. Certaines œuvres nécessitent plusieurs mois de travail ; l’adaptation d’un morceau interprété lors du concert de Rija Ramanantoanina au CCI Ivato a notamment demandé près d’une année de préparation.

Cette démarche a déjà permis de revisiter des titres de Jaojoby, Éric Manana, Mahaleo ou encore Rija Ramanantoanina. Le groupe travaille également sur l’adaptation de différents styles malgaches, du salegy au tsapiky, avec l’ambition de démontrer que ces répertoires peuvent pleinement s’épanouir dans une formation orchestrale de type Big Band.

Au-delà du spectacle, Bandy Baraka Big Band souhaite constituer un véritable répertoire malgache écrit et transmissible. L’association collabore déjà avec des arrangeurs étrangers, notamment allemands, afin de développer des œuvres susceptibles d’être diffusées à l’international. Les arrangements actuels ouvrent progressivement la voie à de futures créations originales.

Chaque année, la formation participe à plusieurs événements majeurs tels que Madajazzcar, Jazz Day, Jazz Tohatohabato ou encore la Fête de la Musique. En décembre, elle propose également un répertoire de Noël lors de concerts gratuits organisés avec l’autorisation des collectivités locales. Longtemps autofinancé, le groupe a progressivement bénéficié du soutien de partenaires et de prestataires techniques afin de poursuivre ses activités.

Parallèlement à sa mission artistique, l’association développe un projet social fondé sur le partage. Parmi les initiatives envisagées figure l’organisation de tournées solidaires le long de la RN7, avec des collectes de vêtements, de maïs et de produits de première nécessité destinées aux populations les plus vulnérables, notamment dans le Sud du pays.

Si la recherche de partenaires demeure l’un des principaux défis de la formation, sa vision reste inchangée : faire rayonner les chansons malgaches à travers l’écriture orchestrale, préserver ce patrimoine et offrir à la musique de Madagascar une place toujours plus importante sur les scènes internationales.

Cassie Ramiandrasoa

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