LITTÉRATURE - Elie Ramanankavana réunit journalisme et poésie

Lors du lancement officiel de Litera A : Chronique de la syllabe de flamme, l’écrivain propose une réflexion sur l’écriture, la mémoire et les cycles de l’histoire malgache.

Elie Ramanankavana présente Litera A et sa réflexion.

Je n’ai pas de message, plutôt une idée. Un symbole. » C’est avec cette entrée en matière qu’Elie Ramanankavana a présenté son nouvel ouvrage, Litera A : Chronique de la syllabe de flamme, lors de son lancement officiel, le 24 juin, à Hakanto House Isoraka. Pour l’auteur, la lettre « A » dépasse sa simple va leur alphabétique : elle symbolise les crises qui se répètent dans la société malgache, où le passé semble continuellement refaire surface.

Mais au-delà de cette réflexion sur l’histoire, l’écrivain place au cœur de son livre une autre interrogation : celle des frontières entre les genres littéraires. « Où est la limite entre le journaliste, le poète et l’écrivain ? », s’interroge-t-il. Selon lui, Litera A repose sur une tension volontaire entre l’écriture journalistique et la création poétique. La poésie y côtoie le récit de l’actualité, donnant naissance à une écriture à la fois sensible, analytique et littéraire. Cette démarche amène à questionner le sens même de l’écriture : qu’est-ce qu’écrire un article, un poème ou, plus largement, qu’est-ce qu’écrire ?

L’ouvrage rassemble une anthologie poétique issue de ses chroniques politiques consacrées au soulèvement populaire mené par le mouvement Gen Z Madagascar entre le 25 septembre et le 11 octobre 2025. Si ces textes prennent appui sur des faits réels, ils dépassent le simple récit des événements pour explorer la mémoire collective, les préjugés et les mécanismes qui semblent se reproduire au fil du temps.

Message

Journaliste culturel, poète et romancier, Elie Ramanankavana revendique cette double sensibilité, où l’information nourrit la littérature et où la poésie éclaire l’actualité. Pour lui, cette rencontre entre deux formes d’écriture ouvre un nouvel espace de réflexion sur le rôle de l’auteur face aux réalités de son époque.

Au cours de la rencontre, il a également adressé un message encourageant aux écrivains malgaches, affirmant qu’il est possible de publier à Madagascar, à condition de le faire avec exigence et conviction. Le lancement s’est poursuivi par un échange avec l’artiste Joël Andrianomearisoa, suivi d’un débat avec le public autour de la condition de l’écrivain, du journaliste et de l’artiste à Madagascar, avant d’aborder la genèse et les thèmes du livre.

Né en 1995, Elie Ramanankavana vit entre Antananarivo et Manakara. Poète, romancier, journaliste culturel et critique d’art, il a été récompensé en 2023 par le Prix No’OCultures de la critique photographique.

Cassie Ramiandrasoa

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