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| Le port de Toamasina dispose actuellement d’un espace de stockage de plus de 200 000 m². |
Le commerce mondial évolue à grande vitesse et le port de Toamasina envisage de suivre cette cadence. L’extension du port entre dans une nouvelle phase. La Société du port à gestion autonome de Toamasina (SPAT) veut mettre sur pied un nouveau port sec pour pouvoir stocker un maximum de conteneurs avant leur réexpédition vers l’Afrique australe et l’océan Indien. C’est le pari engagé par la direction de la société qui veut aussi faire de Toamasina le premier hub de la région.
Cette initiative part d’un constat précis : « Actuellement, certaines marchandises destinées à Madagascar transitent par des ports intermédiaires comme La Réunion ou Maurice avant d’arriver dans le pays. Cette situation augmente les coûts de transport pour les opérateurs économiques. Si une marchandise devait coûter 10 ariary, elle en coûte 12 après ces multiples transits. Si nous étendons le port, il n’y aura pas de problème au niveau logistique, et les armateurs viendront à nous », indiquait Heritiana Anicet Randriambahoaka, DG de la SPAT, hier.
Hausse du trafic
Le principal enjeu est donc logistique. Un port plus grand permettra d’accueillir de plus gros porte-conteneurs mais également plus de marchandises. « Le développement du port sec III est destiné, en premier lieu, à fluidifier les flux portuaires. Il sera construit à Tsarakofafa, une localité à cheval sur la RN2, située à l’entrée Sud de la ville de Toamasina », avaient expliqué à la TVM les responsables de la société du port.
Cette localité a déjà été acquise en 1997 par la société du port, en prévision d’une hausse du trafic maritime. Aujourd’hui, avec le développement des flux commerciaux mondiaux, ce port sec est d’une nécessité absolue pour faire entrer des devises et pour assurer les activités commerciales et logistiques autour du port. Les retombées économiques escomptées sont conséquentes. Les analystes estiment que le port sec III pourrait générer un chiffre d’affaires de 65 milliards d’ariary par an durant les trois à cinq premières années. Après 5 ans, il pourrait atteindre près de 100 milliards d’ariary. Selon Anicet Randriambahoaka, « Le développement des activités portuaires devrait également générer davantage de ressources à travers les redevances, qui pourront contribuer aux projets d’amélioration de la ville ».
Selon la SPAT, les riverains installés à Tsarakofafa, qui seront touchés par ce projet d’aménagement, seront déplacés « dans les meilleures conditions possibles». Ils seront relogés sur une parcelle aménagée de 250 m² au niveau de l’ancien port sec, avec un acte de donation permettant de sécuriser leur terrain. Selon les données disponibles, environ deux cent soixante-dix personnes avaient été identifiées sur le site du Port Sec III. À ce jour, plus de cent personnes auraient déjà accepté le principe du déplacement.
Itamara Otton
