La SADC exhorte l’État malgache à respecter ses engagements. Elle demande notamment un calendrier précis et transparent de la Refondation.
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| Joyce Banda, cheffe de la délégation du Conseil des sages de la SADC, et le Chef de l’État, durant la remise du Programme de la Refondation, le 28 février, à Iavoloha. |
Un rappel à l’ordre. C’est le ton du communiqué qui relate les grandes lignes des discussions durant le Sommet extraordinaire de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), hier. Un rendez-vous qui s’est tenu par visioconférence.
Selon la missive, « le Sommet a exhorté le gouvernement malgache (...) à respecter son engagement en faveur de réformes claires, assorties d’un calendrier précis, transparent, ouvertes à toutes les parties prenantes et largement diffusées dans les langues nationales, afin d’assurer une large participation et une acceptation des résultats auprès de la population malgache ».
Toujours d’après le communiqué, « le Sommet a rappelé l’importance de préserver l’État de droit et la gouvernance démocratique, en affirmant qu’il est attendu que les réformes rétablissent l’ordre constitutionnel et conduisent à la mise en place d’un gouvernement démocratiquement élu, respectueux de la volonté du peuple malgache ».
La teneur de la missive faisant part des débats du Sommet extraordinaire d’hier détonne avec l’optimisme international faisant suite à la présentation à la SADC du Programme de la Refondation de la République, le 28 février. Ce document retrace le chronogramme de la Transition, avec, à terme, un référendum ou une élection constitutionnelle et la présidentielle avant la fin de l’année 2027. Entre-temps, la donne a toutefois changé.
Le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, a donné pleine compétence au Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), pour conduire le processus de concertation nationale. Ce dernier a publié un nouveau calendrier à cet effet. Un nouveau planning sommaire qui ne fait aucune mention des échéances électorales. Il est probable que les Églises estiment que la question du chronogramme des échéances électorales ne fait pas partie de leur mandat.
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Cependant, il est fort probable que le nouveau calendrier publié par le FFKM ait été présenté au Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement de la SADC, hier. Outre le fait qu’il soit sommaire, le fait qu’il passe sous silence les élections pourrait avoir douché l’organisation régionale. Comme indiqué précédemment, pour la SADC, les initiatives engagées « pour la Refondation de la République » devront mener aux élections. Par ailleurs, le Sommet des Chefs d’État et de gouvernement, qui est l’organe suprême de l’organisation régionale, appelle aussi « au respect de la Constitution» dans les processus engagés durant cette période de Transition.
Les échanges durant le Sommet d’hier s’appuient sur le rapport de l’Organe de coopération politique, de défense et de sécurité. Un rapport qui découle de la 3e mission d’évaluation effectuée par la délégation du Comité des sages de la SADC, à Madagascar, au début du mois de mai. Visiblement, à l’instar d’une partie des acteurs politiques et des observateurs, les missionnaires de la SADC semblent avoir eu du mal à identifier la finalité de la Refondation voulue par l’État, notamment de la concertation nationale.
Au départ, l’État a tablé sur une refondation des institutions, dont la finalité serait l’adoption d’une nouvelle Constitution, suivie des élections générales, dont la présidentielle. Cependant, une partie de l’opinion politique et le FFKM tiennent un discours qui tend vers une refondation en profondeur de la société.
Garry Fabrice Ranaivoson
