POLICE ÉCONOMIQUE - Un dossier sur cinq concerne la vente frauduleuse de terrain

La Police économique d’Antananarivo estime qu’un dossier sur cinq concerne la revente frauduleuse de biens déjà cédés. Les victimes peinent à obtenir réparation.

Le tribunal d’Anosy annonce ce jeudi le verdict  du procès d’un stellionat.

Une recrudescence des affaires de stellionat - une pratique assimilée à une double vente, où un bien déjà cédé est revendu à une autre personne - est observée dans la capitale. Selon les données de la Police économique d’Antananarivo, environ 20 % des dossiers traités concernent ce type d’escroquerie.

« Les auteurs sont souvent des habitués de la fraude, cherchant à tirer profit par la tromperie et la répétition des manœuvres », explique la police.

Un dossier récent illustre cette tendance. Une femme âgée aurait acquis un terrain de 1 100 m² pour un montant convenu de trente millions d’ariary. L’acte de vente signé en septembre 2024 ne mentionnait pourtant que huit millions, présentés comme une facilité administrative.

La mutation promise n’a jamais été réalisée et le terrain aurait été revendu à plusieurs reprises en 2025. La victime n’aurait pas récupéré son argent et sa famille a porté plainte. 

Procès

L’affaire a conduit à l’arrestation du vendeur début mai 2026, suivie d’une mise en détention préventive puis d’un placement sous contrôle judiciaire. Le procès s’est ouvert le 18 mai et le verdict est attendu aujourd’hui.

De son côté, la partie adverse rejette les accusations, qu’elle qualifie de diffamatoires. Elle affirme qu’un acheteur avait acquis un terrain pour soixante-six millions d’ariary, avec un premier versement de dix millions avant l’acte de vente. Lors de la formalisation, seuls huit millions auraient été remis, le reste n’ayant jamais été payé.

Selon sa version des faits, l’acheteur aurait ensuite demandé à revendre le terrain en raison de difficultés financières, et un remboursement partiel aurait été convenu. Des versements ont été effectués en octobre et novembre 2025, mais un solde serait resté impayé. L’affaire a été relancée en janvier et transmise au parquet début mai. Le prévenu, d’abord placé sous mandat de dépôt, a bénéficié d’un contrôle judiciaire après l’opposition formulée par son avocat.

Ce dossier illustre la complexité des affaires de stellionat, où les versions des plaignants et des auteurs présumés divergent, tandis que la Police économique alerte sur l’ampleur croissante de ce phénomène.

Gustave Mparany

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne