Le 60e anniversaire de l’Académie militaire (ACMIL) d’Antsirabe a été célébré hier. Conduite par le chef de l’État, une bonne partie des hauts responsables étatiques ont répondu présent à l’événement.
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| Les anciens de l’ACMIL qui siègent au sein du pouvoir se sont retrouvés à Antsirabe, hier. |
Un retour aux sources. À une certaine mesure, c’est le symbole de la cérémonie d’hier, à l’Académie militaire (ACMIL) d’Antsirabe, pour plusieurs hauts responsables étatiques. Un retour aux sources, à l’occasion de la cérémonie officielle pour marquer les 60 ans de cette institution qui forme les officiers des Forces armées. L’événement a également été une occasion pour ces hauts dignitaires étatiques, notamment au sein de l’Exécutif, d’afficher leur cohésion.
Présidée par le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’État, issu de la 23e promotion de l’ACMIL, la cérémonie a également vu la présence de Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, également de la 23e promotion. Pareillement pour deux des quatre hauts conseillers de la Refondation et les officiers généraux qui siègent au sein du gouvernement. La majorité des officiers généraux et officiers supérieurs occupant des postes à hautes responsabilités au sein de l’administration étatique ont également été présents hier.
Des généraux et officiers supérieurs retraités qui ont siégé à des postes à hautes responsabilités ont aussi pris part à la cérémonie d’hier, à Antsirabe. Le locataire d’Iavoloha a justement souligné que « la présence de plusieurs sortants de l’ACMIL à des postes à hautes responsabilités dans le pays confirme sa réputation grandissante ».
La création de l’ACMIL a été actée par un décret pris par feu Philibert Tsiranana, ancien président de la République, le 10 mai 1966, pour former ceux qui seront aux commandes de l’armée et de la gendarmerie nationale. Le site d’Antsirabe a été inauguré le 1er octobre de la même année. L’académie a accueilli la 1re promotion d’élèves-officiers en 1967.
Pour la patrie
L’ACMIL s’est forgé une solide réputation sur le continent africain. Depuis son ouverture, elle a formé près de quatre mille officiers malgaches et africains notamment. Quelques chefs d’État africains sont d’anciens élèves de l’académie d’Antsirabe, comme feu le capitaine Thomas Sankara, ancien président du Burkina Faso. L’académie s’apprête à accueillir sa 49e promotion de peloton direct, dont le cursus durera trois ans.
S’adressant à l’assistance, mais particulièrement aux élèves-officiers, le chef de l’État a souligné l’importance de préserver et de transmettre les valeurs que sont : « le bien comme enseignement et le meilleur comme modèle », en ajoutant « que l’Académie militaire soit une source où viennent s’abreuver ceux qui ont soif, afin d’y puiser dignité et excellence». Le colonel Randrianirina a également appelé les apprenants et ses anciens à vivre pleinement la devise de l’ACMIL « Ho an’ny Tanindrazana » ou « Pour la patrie ».
« Ce qui vous distingue, c’est l’amour de ce métier, la fierté d’être officier. Lorsque vous êtes fiers d’être officiers, vous protégez le peuple et ne l’opprimez pas. Lorsque vous êtes fiers d’être officiers, vous ne vous adonnez pas à la corruption. Lorsque vous êtes fiers d’être officiers, vous servez votre patrie. Ce qui vous distingue de tous les autres, c’est votre amour de la patrie. Et aimer la patrie, c’est aimer la nation et tout ce qu’elle renferme, la servir et œuvrer à son développement », soutient le locataire d’Iavoloha.
La cérémonie d’hier a été marquée par l’inauguration d’une stèle, une « Vato namelan-kafatra », ou pierre de mémoire destinée à recueillir les messages des élèves actuels de l’ACMIL ainsi que de tous ceux qui y ont été formés. Le monument matérialise le lien entre le présent et l’avenir, explique le général Ratsarahevitra Andriamisetra, commandant de l’ACMIL. La pierre sera scellée au début du mois d’octobre et ne sera rouverte qu’en 2066, à l’occasion du centenaire de l’académie.
Garry Fabrice Ranaivoson
